La FIDH célèbre une avancée historique dans la lutte contre la corruption au Guatemala

03/09/2015
Communiqué
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La FIDH salue aujourd’hui une avancée historique dans la lutte contre la corruption au Guatemala : le mandat d’arrêt émis dans la nuit du 2 septembre à l’encontre du président Otto Pérez Molina pour des faits de corruption et la levée de l’immunité présidentielle votée par les 132 députés du Congrès guatémaltèque présents lors de la session de la veille.

Ces faits, joints aux nombreuses et importantes manifestations de la société civile et du peuple guatémaltèque qui réclamaient sa démission, ont conduit aujourd’hui à l’aube à la démission du président Otto Pérez Molina.

Suite à cette démission, la FIDH appelle le nouveau président du Guatemala, qui pourrait être élu au premier tour le dimanche 6 septembre, à s’engager avec fermeté à prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre la corruption structurelle de la sphère politique ; à soutenir de manière publique et efficace le travail de la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (CICIG) et du ministère public ; ainsi qu’à lever tous les obstacles susceptibles d’empêcher la pleine mise en œuvre des principes d’indépendance judiciaire, d’impartialité et de transparence lors du procès contre Pérez Molina.

« Ces poursuites judiciaires représentent une immense avancée, non seulement eu égard à l’espoir de transparence mis dans le nouveau gouvernement, mais aussi parce qu’elles démontrent l’importance du rôle de la société civile organisée et la dignité du peuple guatémaltèque, décidé à ne plus tolérer ce type de pratiques » , a déclaré Karim Lahidji, le président de la FIDH.

L’ex-président du Guatemala est accusé d’association de malfaiteurs, de malversations et de fraude au sein d’un réseau de corruption douanière connu sous la dénomination de « La Ligne » qui recevait des pots-de-vin de la part de certains importateurs pour les exonérer des taxes douanières.

Inculpée de ces mêmes délits, l’ex-vice-présidente du Guatemala, Roxana Baldetti, a présenté sa démission en mai 2015 et se trouve actuellement en détention provisoire, tandis que l’instruction de son procès suit son cours. Ces poursuites ont été rendues possibles grâce au travail de la CICIG.

« Lors de notre rencontre au Guatemala avec Iván Velásquez, commissaire de la CICIG, nous l’avons félicité pour le travail qu’il a effectué afin de démanteler de grands réseaux de corruption et de lancer des poursuites judiciaires à l’encontre de leurs responsables » , a ajouté Karim Lahidji. « Nous espérons que ce sera un message clair pour les candidats qui seront élus aux élections générales guatémaltèques de dimanche prochain : personne ne peut échapper à la justice. »

Lors d’un séminaire régional organisé en septembre 2014 par la FIDH et le CALDH, son organisme partenaire au Guatemala, un appel avait été lancé en faveur du renforcement de l’indépendance et des capacités du système judiciaire guatémaltèque, incluant le renouvellement du mandat de la CICIG sous la direction d’Iván Velásquez, qui a démontré l’efficacité de son travail.

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