Togo : la spirale sans fin de la répression politique et des attaques contre la liberté de la presse

14/12/2020
Déclaration
YANICK FOLLY / AFP

Paris – Lomé, 14 décembre 2020 – La Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) et la Fédération Internationale pour les Droits Humains (FIDH) s’inquiètent de la multiplication des mesures répressives contre des leaders de mouvements politiques d’opposition et contre les médias indépendants.

Les 27 et 28 novembre 2020, deux figures de la « Dynamique Monseigneur Kpodzro » (DMK), un regroupement de partis politiques représenté par Gabriel Messan Agbeyomé Kodjo à la présidentielle du 22 février dernier, ont été arrêtés.

Gérard Djosoua a été enlevé le 27 novembre 2020 en pleine rue, au volant de sa voiture, par des individus qui se réclameront plus tard de la gendarmerie. Il a été conduit au service central de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC) de la gendarmerie où il a été interrogé pour "atteinte à la sûreté intérieure de l’État".

Le lendemain, Brigitte Adjamagbo, secrétaire générale du parti politique la CDPA et coordinatrice de la DMK, a décidé de rendre visite à son collègue sur son lieu de détention. Dès son arrivée sur place, on lui a remis un avis de perquisition de son domicile. Elle a alors été accompagnée par des gendarmes en civil jusque chez elle, où des documents ont été saisis. Selon le procureur, Brigitte Adjamagbo est aussi visée dans le cadre d’une enquête pour "atteinte à la sûreté intérieure de l’État".

L’arrestation de ces deux figures du mouvement DMK intervient alors que les représailles contre des journalistes, des défenseurs des droits humains et des opposants se multiplient au Togo. Depuis l’élection présidentielle, une vague de répression déferle sur le pays, notamment à travers des restrictions à la liberté de manifestation et la liberté de la presse. Exemple emblématique de cette pression est le cas du journal L’Alternative, bihebdomadaire d’information et d’investigation engagé dans la dénonciation de la corruption et la documentation des violations des droits humains au Togo. Le 4 novembre dernier, le Tribunal de première instance de Lomé a condamné Ferdinand Mensah Ayité, directeur de la publication, à une amende de 6 millions de francs CFA (environ 9 170 euros) pour diffamation.

Nos organisations demandent au procureur de la République de libérer Djosou Gérard et Brigitte Adjamagbo immédiatement et sans condition, et d’abandonner les chefs d’accusations portés contre eux. Nous condamnons fermement les accusations proférées à leur encontre et pensons qu’ils sont ciblés uniquement en raison de leur activité politique.

Nous restons préoccupés par les conditions dans lesquelles ces arrestations et ces condamnations interviennent. Elles sanctionnent les activités légitimes de défense des droits humains, de revendication au pluralisme et d’exercice de la liberté d’expression que ces opposants et ces journalistes mènent pacifiquement.

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