Tentative d’enlèvement de M. Yaya Dampha - SEN 001 / 0308 / OBS 040

20/03/2008
Appel urgent

L’Observatoire a été informé par le Centre africain de prévention des conflits (CAPREC) de la tentative d’enlèvement de M. Yaya Dampha, journaliste gambien ayant travaillé pour le quotidien gambien Forayya et enquêtant sur des cas de disparitions forcées, de détentions arbitraires, de tortures et d’autres violations des droits de l’Homme, en exil au Sénégal depuis octobre 2007.

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante au Sénégal.

Description de la situation :

Selon les informations reçues, le 10 mars 2008, deux membres de l’Agence nationale de renseignement de Gambie (National Intelligence Agency - NIA) ont pénétré au sein de la résidence dans laquelle se trouve l’appartement de M. Dampha au Sénégal, demandant à ses voisins où il se trouvait.

M. Dampha s’étant présenté sur le pas de sa porte, les deux agents l’ont immédiatement invité à les suivre afin de discuter d’une "affaire urgente". Face au refus de ce dernier, un troisième agent est arrivé en renfort. Les trois hommes ont ensuite tenté de le faire monter dans une voiture sans plaques d’immatriculation.

Les cris de protestation et de demande d’aide de M. Dampha ayant alerté le voisinage, un rassemblement s’est rapidement formé autour du véhicule en question, ce qui a conduit les trois agents à lâcher M. Dampha et à prendre la fuite.

Le 11 mars 2007, M. Dampha a été invité à témoigner de ces faits par des responsables du Bureau national de renseignement du Sénégal, qui ont affirmé qu’une enquête serait ouverte sur ces événements.

M. Dampha fait l’objet d’un harcèlement constant de la part des autorités gambiennes depuis plusieurs mois. Le 6 octobre 2007, il avait été arrêté en Gambie pour "espionnage", puis libéré sous conditions six jours plus tard. Les menaces constantes à son encontre et à l’encontre de sa famille de la part des agents de la NIA l’ont poussé à quitter la Gambie le 16 octobre pour se réfugier au Sénégal.

L’Observatoire dénonce avec la plus grande fermeté cette tentative d’enlèvement, qui s’inscrit dans une logique de répression constante à l’égard des défenseurs des droits de l’Homme, et rappelle qu’en vertu de l’article 12.2 de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, "l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration".

Actions demandées :

Merci de bien vouloir écrire aux autorités sénégalaises en leur demandant de :

i.Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Yaya Dampha et de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme opérant sur le territoire du Sénégal ;

ii.Mener une enquête indépendante sur les faits décrits ci-dessus, afin que leurs auteurs soient identifiés, dûment jugés et sanctionnés conformément à la loi en vigueur ;

iii.Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à son article 1 qui stipule que "chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation de tous les droits de l’Homme et de toutes les libertés fondamentales aux niveaux national et international" et son article 12.2 susmentionné ;

iv.Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par le Sénégal.

Adresses :

- M. Abdoulaye Wade, Président de la République. Palais présidentiel, Avenue Leopold Sedar Senghor, BP 4026, Dakar, Sénégal. Tel : 221 890 90 90. Fax : 221 823 28 40 / 221 821 86 60.
- Cheikh Aguibou Soumaré, Premier ministre, Cabinet du premier ministre, Bâtiment administratif BP 4029, Dakar, Sénégal. Tel : 221 889 69 13 / 849 18 02 / 889 69 69 ; Fax : 221 823 44 79.
- Cheikh Tidiane Gadjo, Ministère des affaires étrangères : Place de l’indépendance, Dakar, Sénégal. Tél. : (221) 889 13 00 / 823 53 42 / 823 36 78 ; Fax : (221) 823 54 96 / 823 84 88.
- Cheikh Tidiane Sy, Ministre d’Etat, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Bâtiment Administratif BP 4030, Dakar, Sénégal. Tel : 221 849 76 28 / 849 70 00 / 823 50 24 / Fax : 221 823 27 27.
- Me Ousmane Ngom, Ministre de l’Intérieur et des collectivités locales ; Pl. Washington - Bd de la République BP 4002 ; Dakar, Sénégal. Tel : 221 821 00 89 / 889 91 00 / Fax : 221 821 05 42.
- Mme Mame Bassine B. Niang, Commissaire aux Droits de l’Homme et à la Promotion de la Paix. BP. 4026 Dakar, Sénégal. Tel : 00 221 880 82 05 / 849 72 52 / Fax : 00 221 821 50 11 / 821 86 60.
- Ambassadeur M. Moussa Bocar Ly, Mission permanente du Sénégal auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, 93 rue de la Servette, 1202 Genève, Suisse, Fax : +41 22 740 07 11 ; Email : mission.senegal@ties.itu.int
- Ambassadeur M. Mame Balla Sy, Ambassade du Sénégal à Bruxelles, 196 avenue F.D. Roosevelt, 1050 Bruxelles, Belgique, Tel : + 32 2.673.00.97, Fax : + 32 2.675.04.60

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Genève - Paris, le 19 mars 2007

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.

L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. L’Observatoire a été lauréat 1998 du prix des Droits de l’Homme de la République Française.

Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence :
E-mail : Appeals@fidh-omct.org
Tel et fax FIDH : 33 1 43 55 20 11 / 33 1 43 55 18 80
Tel et fax OMCT : + 41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29

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SEN 001 / 0308 / OBS 040

Tentative d’enlèvement / Craintes pour la sécurité

Sénégal

19 mars 2008

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