La paix doit se fonder sur un impératif de justice

03/08/2004
Communiqué
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La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme (LIDHO) et le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH), organisations membres de la FIDH en Côte d’Ivoire, saluent l’accord intervenu le 30 juillet 2004 à Accra, Ghana entre les différentes parties au conflit en Côte d’ Ivoire.

Alors que des membres de l’opposition et les ministres issus des anciens mouvements rebelles refusent de participer au gouvernement de réconciliation nationale depuis 25 mars 2004, date à laquelle la répression par les forces gouvernementales de la manifestation de l’opposition a causé la mort de plus d’une centaine de personnes , la signature de l’accord d’Accra par l’ensemble des protagonistes du conflit est un pas important dans l’instauration de la paix civile et sociale dans le pays. Cet accord prévoit entre autres une réforme des conditions d’éligibilité de l’Article 35 de la Constitution, en vue des élections présidentielles prévues en octobre 2005.

La FIDH, la LIDHO et le MIDH rappellent cependant que la reprise du processus de paix ne peut se faire au détriment de la lutte contre l’impunité. A cet égard, la FIDH, la LIDHO et le MIDH sont extrêmement préoccupés par la découverte par l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) de trois charniers comptant une centaine de morts à Korhogo, zone sous contrôle de la rébellion, située au nord de la Côte d’Ivoire. Les corps seraient ceux de victimes des affrontements qui ont opposé deux groupes rivaux de la rébellion les 20 et 21 juin derniers. La FIDH et ses organisations membres demandent que toute la lumière soit faite sur ces meurtres dans les plus brefs délais et appellent la Commission d’enquête internationale créée sous l’égide des Nations Unies à identifier les responsables. La FIDH, la LIDHO et le MIDH appellent les autorités ivoiriennes à faire poursuivre et à sanctionner les auteurs de ces meurtres, dans le respect des dispositions internationales relatives aux droits de l’Homme.

En outre, la FIDH, la LIDHO et le MIDH appellent la Commission d’enquête internationale à faire toute la lumière sur toutes les violations graves des droits de l’Homme commises depuis le 19 septembre 2002, conformément à son mandat.

Rappelant que le pays connaît un conflit sanglant depuis près de deux ans, la FIDH, la LIDHO et le MIDH appellent l’ensemble des parties en conflit à tout mettre en oeuvre pour que la paix soit instaurée dans les plus brefs délais, afin de mettre un terme aux souffrances de la population civile, première victime du conflit.

1-Cf communiqués de presse de la FIDH des 24, 25 et 30 mars 2004.

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