Côte d’Ivoire : Le mandat de l’Expert de l’ONU renouvelé, les défis pour la justice restent à relever

06/07/2012
Communiqué

Le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies a renouvelé ce 6 juillet 2012 le mandat de l’Expert indépendant sur la situation des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire pour une année supplémentaire. La FIDH et ses organisations membres en Côte d’Ivoire, le MIDH et la LIDHO, se félicitent de cette décision, et souhaitent qu’elle contribue au renforcement des libertés fondamentales et en particulier à la lutte contre l’impunité, qui plus d’un an après la fin de la crise post-électorale de 2010-2011, reste confrontée au défi de l’impartialité des poursuites et aux multiples difficultés d’une justice et d’un État en situation post-conflictuelle.

« De nombreux défis restent à relever pour que la justice ivoirienne poursuivre tous les auteurs de violations des droits de l’Homme de la crise électorale et ce quel que soit leurs camps », a souligné Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH. « C’est un travail difficile et de longue haleine mais incontournable pour rétablir la paix, l’unité du pays et parvenir à une réelle réconciliation » a t-elle ajouté.

Nos organisations appellent la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) à impliquer davantage la société civile dans son travail et placer les victimes au cœur du processus de vérité, de justice et de réconciliation. Son mandat doit être clarifié au plus vite, notamment en ce qui concerne ses attributions, ses compétences, les garanties de son indépendance, et l’articulation de la Commission avec la justice pénale et la justice internationale. « L’action de la CDVR doit constituer un complément à la justice pénale, et pas une alternative  » a déclaré Me Yacouba Doumbia, Président du MIDH.

La FIDH, le MIDH et la LIDHO restent en outre préoccupés par l’absence, jusqu’à présent, de poursuites pénales contre les membres des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et leurs supplétifs Dozos qui se sont rendus responsables d’exactions graves au cours de la crise post-électorales. De la même façon, les exactions perpétrés par les agents de l’État en charge de la sécurité publique ou qui agissent en tant que tel sous leur contrôle effectif font trop rarement l’objet de poursuites pénales. La réforme en cours du secteur de la sécurité doit donc demeurer une priorité. « Une réforme cohérente et efficiente du secteur de la sécurité doit s’articuler avec la lutte contre l’impunité. La mise à l’écart des auteurs de violations des droits de l’Homme tout comme le démantèlement des forces supplétives garantira aux populations ivoiriennes des forces de sécurité qui les protègent plutôt que de violer leurs droits », selon René Legré Hokou, Président de la LIDHO.

Ces défis, fondamentaux non seulement pour la lutte contre l’impunité mais aussi pour la stabilisation à long terme du pays, sont autant de chantiers sur lesquels l’Expert indépendant peut et doit apporter assistance, conseil et expertise.

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