La Fédération internationale pour les droits humains

La FIDH (Fédération internationale pour les droits humains) est une ONG internationale de défense des droits humains. Elle regroupe 192 organisations nationales de défense des droits humains dans 117 pays. Depuis 1922, la FIDH est engagée dans la défense de tous les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels tels que définis dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Notre action

Pour la FIDH, la transformation des sociétés est d’abord du ressort des acteurs locaux. Ses activités visent à renforcer leur capacité d’action et leur influence. 
 
Elle agit aux niveaux régional, national et international en soutien de ses organisations membres et partenaires pour remédier aux situations de violations des droits humains et consolider les processus de démocratisation. Son action s’adresse aux États et aux autres détenteurs de pouvoir, comme les groupes d’opposition armés et les entreprises multinationales. 
 
Les principaux bénéficiaires sont les organisations nationales de défense des droits humains membres de la FIDH et, par leur intermédiaire, les victimes des violations des droits humains. La FIDH a également élargi son champ d’action à des organisations partenaires locales et développe des alliances avec d’autres acteurs de changement.

UN MANDAT : LA PROTECTION DE TOUS LES DROITS

La FIDH est une ONG internationale qui défend tous les droits humains : civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, tels qu’ils sont énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme. 

UN ENGAGEMENT : LES 3 PILIERS DE SON ACTION

Les actions de la FIDH menées avec ses organisations membres et partenaires reposent sur trois orientations stratégiques : la défense de la liberté d’action des défenseurs des droits humains, la défense de l’universalité des droits et la lutte pour l’effectivité des droits.

UN PRINCIPE : RESPONSABILISER TOUS LES ACTEURS

L’action de la FIDH s’adresse aux États, premiers garants du respect des droits humains mais aussi aux acteurs non-étatiques comme les groupes d’opposition armés et les entreprises multinationales. Elle engage également la responsabilité pénale internationale des individus ayant commis des crimes internationaux.

UNE ÉTHIQUE : L’INDÉPENDANCE ET L’OBJECTIVITÉ

Reconnue d’utilité publique en France, où elle a son siège, la FIDH est une organisation non partisane, non confessionnelle, apolitique et à but non lucratif. Son indépendance, son expertise et son objectivité sont les gages de sa crédibilité. Elle agit en toute transparence 

UNE INTERACTION : PRÉSENCE LOCALE ET ACTION MONDIALE

Mouvement fédéraliste, la FIDH agit en interaction avec ses organisations membres. Ce lien unique se traduit par des actions menées conjointement par la FIDH et ses organisations membres aux niveaux national, régional et international pour remédier aux situations de violations des droits humains et consolider les processus de démocratisation. La FIDH réunit ainsi l’expérience et la connaissance du terrain avec la maîtrise du droit international, des mécanismes de protection et des instances intergouvernementales. Ce principe confère à la FIDH une représentativité et une légitimité fortes.

UN SYSTÈME DE GOUVERNANCE : L’UNIVERSALITÉ ET SA TRANSPARENCE.

L’organisation et le fonctionnement de la FIDH, qui impliquent ses organisations membres au coeur du processus de décision, reflètent ces principes de gouvernance.

UNE EXPERTISE ÉPROUVÉE

La FIDH utilise une large gamme de moyens d’intervention qui ont fait leurs preuves : réactions urgentes publiques ou confidentielles ; missions internationales d’enquête, d’observation judiciaire et de défense ; dialogue politique, plaidoyer, contentieux, campagnes de sensibilisation. Elle s’appuie sur un réseau de chargés de mission internationaux bénévoles et favorise l’échange d’expériences entre les défenseurs du monde entier pour renforcer la mutualisation des compétences. Elle évalue en permanence ses activités pour gagner en efficacité et adapter ses objectifs à court, moyen ou long terme.

Notre histoire

LES GRANDS COMBATS DE LA FIDH DEPUIS 1922

  • 1922 - 1948

    1922, une vingtaine de ligues nationales, dont les ligues française et allemande, créent la FIDH. Elle est alors la première organisation internationale de défense des droits humains Son mot d’ordre : « La paix par les droits humains ».

    1927, la FIDH lance un appel à la communauté internationale pour l’adoption d’une « Déclaration mondiale des droits de l’Homme », puis la création d’une Cour criminelle internationale permanente. Elle est la première organisation généraliste à s’engager pour la défense des droits économiques et sociaux. La FIDH s’engage dans la lutte contre le nazisme. Son Président,Victor Basch, est assassiné par la milice à Lyon. Deux des plus éminents dirigeants de la FIDH, René Cassin et Joseph-Paul Boncour, participent à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

  • 1949 - 1988

    Dispersée ou clandestine pendant la Seconde Guerre mondiale, la FIDH est reconstituée après-guerre et développe ses actions de protection des droits humains Elle lance les premières missions d’enquête et d’observation judiciaire. Ses chargés de mission recueillent les témoignages des victimes qui viennent compléter ses prises de position.

     Les modalités d’action de la FIDH s’élargissent, en particulier au sein des Nations unies. À la diversification de ses missions d’enquête s’ajoute un activisme accru au sein des instances internationales.

  • 1989 - 2010

    La chute du mur de Berlin et la fin de la Guerre froide marquent le développement spectaculaire des ONG nationales de défense des droits humains à travers le monde. La FIDH accompagne cette évolution par des programmes de coopération juridique dans des contextes de transition politique : en Europe de l’Est, en Afrique subsaharienne et en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Amérique latine... La FIDH passe, alors, de soixante-six à plus de 100 organisations membres. Elle compte parmi les ONG les plus représentatives de la société civile internationale et est reconnue comme un acteur incontournable de la lutte pour les droits de l’Homme dans le monde. En 1990, elle réunit pour la première fois, à Prague, l’ensemble de ses affiliés et partenaires d’Europe de l’Est, enfin libérés de leur dictature.

En 1997, elle tient pour la première fois dans un pays du Sud, à Dakar, son Congrès mondial, qui confirme l’urgence de contrer une mondialisation économique porteuse de violations flagrantes des droits humains. Cette année, la FIDH crée, avec l’OMCT, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, confirmant ainsi la protection des défenseurs et des ONG indépendantes comme une priorité d’action. Cette protection doit contribuer à renforcer la capacité des acteurs locaux à contribuer au changement de leurs sociétés en faveur du respect des normes universelles.

En 1998 et en 2000, un instrument et un mécanisme de protection sur les défenseurs sont respectivement créés au niveau des Nations Unies. La FIDH n’aura de cesse de se battre pour leur effectivité et la création de tels mécanismes au sein des autres organisations internationales et régionales.

En 2001, la FIDH tient son Congrès mondial au Maroc. L’impératif de responsabilité des auteurs de violations des droits de l’Homme, qu’ils soient États, entreprises, institutions ou individus, est au cœur de la mobilisation du mouvement.
 
En 2002, l’entrée en vigueur du statut de la Cour pénale internationale concrétise l’un des plus anciens combats de la FIDH.
 
En 2003, l’attribution du prix Nobel de la paix à Shirin Ébadi, avocate iranienne et partenaire de longue date de la FIDH, met en lumière l’engagement quotidien des défenseurs des droits humains aux côtés des victimes dans les situations les plus à risques.
 
En 2004, une plainte pour torture et mauvais traitements à Guantanamo et à Abou Ghraib est déposée en Allemagne, avec le CCR, nouvelle affiliée à la FIDH aux Etats unis, contre l’ancien secrétaire d’Etat à la Défense américain, Donald Rumsfeld ; cette procédure durera 4 ans, c’est l’une des actions phares de la FIDH dans le domaine du respect des droits humains dans la lutte contre le terrorisme.

En 2006, la FIDH prend position publiquement pour s’élever contre l’exécution de l’ex-dictateur de l’Irak, Saddam Hussein, et déplore le fait qu’une occasion historique, qui aurait permis de juger les crimes de Saddam Hussein selon les principes d’un procès équitable ait débouché sur une parodie de justice.

En 2007, une plainte pour torture et maltraitances à Guantanamo et Abu Ghraib a été introduite contre l’ex-secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, dans l’intention de lutter contre l’impunité à haut niveau. Cette même année, Souhayr Belhassen, une journaliste tunisienne et défenseur des droits humains est devenue la première femme (qui plus est, une femme arabe et musulmane) à être élue à la présidence de la FIDH. Afin de répondre à une nouvelle dégradation de la situation des droits humains dans le monde (extrême pauvreté, résurgence des conflits,... ), à la diversification des méthodes répressives utilisées par un nombre d’acteurs là aussi de plus en plus diversifiés, la FIDH a élargi son secrétariat international afin de mieux répondre aux besoins de ses organisations sur le terrain et de les soutenir dans l’utilisation d’instruments et de recours de protection de plus en plus techniques et nombreux. Le secrétariat a ouvert des bureaux tout au long de cette décennie à Bruxelles, Genève, La Haye, New York, Le Caire, Nairobi et Bangkok.

L’année 2008 constitue un tournant sur la question de la peine de mort : l’ONU adopte un moratoire universel sur la peine de mort ; le Kirghizistan, l’Ouzbékistan abolissent la peine de mort. Ils seront suivis par le Togo en 2009, résultat d’une mobilisation continue de la FIDH et de sa ligue membre. En 2008, le combat pour la justice internationale que mène la FIDH depuis des années a été marqué par des développements sans précédent : la FIDH avec ses Ligues ont obtenu, en effet, de grandes victoires comme l’ouverture de la première affaire de la CPI sur la République centrafricaine ; la prise en compte par le Procureur de la CPI de nouvelles charges, notamment concernant des crimes spécifiques, contre certains accusés congolais ; la mise en conformité du droit sénégalais avec le Statut de Rome et les conventions internationales de protection des droits humains ; la condamnation d’un vice-consul tunisien pour actes de torture. Mais les défis de l’universalité de la justice et le besoin de protection des personnes affirmant leurs droits devant les tribunaux nationaux et internationaux demeurent. La condamnation d’Alberto Fujimori et le mandat d’arrêt émis par la CPI contre le président du Soudan en 2009 constituent aussi des victoires essentielles. 2008 verra aussi l’adoption du protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits économiques sociaux et culturels (DESC). Les victimes de violations des droits ont, enfin, une possibilité de recours individuel au niveau international. Cette avancée couronne des années de mobilisation de la FIDH en faveur d’une pleine et juste reconnaissance des droits économiques, sociaux et culturels pour tous. Ce développement s’inscrit également dans un contexte où la mondialisation économique est de plus en plus remise en cause et où la responsabilité des acteurs non-étatiques, notamment les entreprises multinationales, se retrouve au cœur des débats. La FIDH plaide pour que les droits humains soient intégrés dans les relations économiques et que tous les acteurs (Etats, entreprises, institutions financières) puissent répondre de leurs actes.

En 2008-2009, le combat de la FIDH pour les droits des femmes porte aussi ses fruits : adoption par l’Union européenne des lignes directrices sur les droits des femmes, la ratification par la République démocratique du Congo (DRC) en février et par le Cameroun en mai du Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif au droit de la femme en Afrique ; l’adoption au Burkina Faso en avril d’une loi sur les quotas qui exige un minimum de 30% de femmes sur les listes électorales municipales et législatives et l’adoption en Ouganda en décembre d’une loi prohibant les mutilations génitales féminines.

Le 4 mars 2009, la Cour pénale internationale (CPI) a lancé un mandat d’arrêt contre le président du Soudan, Omar el-Béchir. Cette décision représente une étape cruciale pour le développement de la justice internationale. C’est la première fois, depuis sa création en 2002, que la CPI délivre un mandat d’arrêt contre un président en exercice. La FIDH a été particulièrement impliquée dans cette décision : grâce à ses missions d’enquête et à ses interventions auprès du Conseil de sécurité des Nations-unies pour qu’il porte l’affaire devant la CPI, elle a obtenu l’ouverture d’une enquête et la délivrance de mandats d’arrêt contre les plus importants membres du gouvernement soudanais - y compris le président Béchir.
 
Mars 2010, la FIDH tient son Congrès mondial en Arménie sur « La justice : le droit à un recours effectif ». Ce congrès consacre l’universalisation de la FIDH. Des représentants originaires de tous les continents sont membres des organes dirigeants de la FIDH 19 nationalités y sont ainsi représentées. Ceux ci sont des femmes pour plus de 40%, et désormais la FIDH compte 178 organisations membres à travers le monde.

  • 2011- 2015

    Durant les Printemps arabes, la FIDH met tout en œuvre pour défendre les droits des populations dans les pays concernés. En Libye, par exemple, elle se charge de placer le thème des droits humains au cœur des réformes du régime transitoire.
     
    En 2011, la FIDH fait libérer des prisonniers politiques en Birmanie, et participe à une ouverture partielle du régime.
     
     En 2012, la FIDH fête ses 90 ans. Elle effectue cette année-là 60 missions d’enquête, observations judiciaires et plaidoyers. Elle se félicite de remporter de plus en plus de victoires à travers le monde.

Nos organisations membres

La FIDH fédère 192 ONG nationales de défense des droits humains, dans 117 pays, sur les 5 continents.

ÊTRE MEMBRE DE LA FIDH C’EST :

1/ Partager les valeurs consacrées dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme, une éthique fondée sur l’indépendance et des méthodologies rigoureuses d’établissement des faits ; c’est être
non partisan et non confessionnel.

2/ S’unir pour être plus forts, nouer des alliances pour générer des changements aux niveaux local, régional et international.

3/ Briser l’isolement et ainsi protéger les défenseurs.

4 / Échanger expériences, bonnes pratiques et expertise entre organisations membres.

Adieu à notre compagnon de route, l’humaniste et l’infatigable défenseur des droits humains, Louis Joinet

En France, Louis Joinet a été à l’origine de la création du syndicat de la magistrature, puis de la Commission nationale informatique et libertés, une institution qui est devenue une référence sur la scène internationale en matière de protection du pluralisme des médias et de protection des données personnelles.

Mais la FIDH l’a surtout connu au milieu des années 70, lorsqu’il a mené pour elle des missions d’enquêtes dans le Cône Sud, Argentine, Uruguay, Chili, étant le premier à faire sortir des listes de détenus disparus. Ensuite, la collaboration a continué lorsqu’il est devenu membre français de la Sous-Commission des droits de l’Homme, en 1979, puis tout au long de ses trente-trois années d’activité bénévole en tant qu’expert des Nations unies.

Il fut le discret mobilisateur des Nations unies contre les dictatures du Chili, du Honduras et d’Argentine, y soutenant les familles des détenus disparus, oeuvrant pour la libération de détenus politiques au Bahrein, l’adoption de la première condamnation internationale des répressions de la Place Tienanmen, ou encore de la reconstruction de l’Etat de droit en Haïti.

En tant que membre du Groupe travail sur les détentions arbitraires, il fut un des premiers experts internationaux à visiter la tristement célèbre prison d’Evin a Téhéran – dans laquelle militants des droits humains et opposants politiques se trouvaient -et malheureusement encore aujourd’hui- emprisonnés - , mais également les « prisons » de Port Hedland, Maribyrnong, Perth, Womera et Baxter et Villawood, ou l’Australie détenait ses migrants, en violation du droit international.

Il a été l’architecte du développement des normes internationales relatives aux droits humains à l’impact déterminant, notamment avec des principes internationaux pour la protection des droits humains par la lutte contre l’impunité, qui prirent le nom des « Principes Joinet » et qui sont devenus un texte de référence dans les périodes de transitions politiques, de négociations d’accords de paix.

Sa mobilisation aux Nations unies se clôtura avec l’adoption de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. Au long des trois décennies de son action internationale, il travailla à combler le vide juridique abyssal dans lequel se trouvaient les personnes victimes de disparition forcée alors que le crime gangrenait de part le monde, sans qu’il ne soit possible d’assurer la prévention ou la répression du crime international.

Pas une de ses visites sur le terrain ne s’est déroulée sans qu’il ne demande à la FIDH ses contacts et relations privilégiées sur le terrain. Nos membres s’en souviendront. Il aura ainsi, pendant ces trois décennies, été le témoin de la floraison du mouvement universel de défense des droits humains, avec la chute du mur de Berlin, des dictatures dans les pays d’Amérique latine, et la consolidation des démocraties de part le monde.

Son action a inspiré nombre parmi nous, et souhaitons-nous de garder la même détermination qui a traversé sa vie. Son engagement, son intelligence et sa malice nous manquerons énormément.
La FIDH présente toutes ses condoléances à sa famille.

Retenons ses mots, du poète qu’il était, rédigés en mémoire de Norma Scopise, une amie uruguayenne disparue du Plan Condor.

DONDE ESTAN ?
Etais-je de Cordoba ?
De Dili de Djakarta
De Conception ou Bogota
Je m’appelle Norma
J’étais, Je suis
Je ne suis plus
Je ne sais pas
Je ne sais plus
Enlevée disparue
En toute impunité
Victime d’un crime
Presque parfait
De lèse humanité
N’être plus que l’ombre
D’un crime imprescriptible
Disparue dans les cieux
D’un vol de la mort
Demeuré mystérieux
Errante dans ce Palais
De salles en salles
De Nations en Nations
Compagne de cette diaspora
De visages oubliés
Invisible parmi vous
Mais présente à vos côtés
Merci ô vivants
De ne pas m’oublier

Nos droits, notre combat, notre futur

La FIDH, réunie pour son 40ème Congrès à Taiwan du 21 au 25 octobre 2019

Il y a presque 100 ans que notre Fédération a été fondée, et plus de 70 ans que la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH) a été adoptée. Reste que l’universalité des droits humains n’a jamais été à ce point remise en question, tant au niveau normatif que politique. Le mouvement global des droits humains doit donc se mobiliser, défendre les promesses portées dans la DUDH, et lutter contre toute atteinte à l’universalité. C’est un impératif pour nous.

1. Des crises à traiter

1a. Promouvoir un multilatéralisme axé sur les droits humains

Les instruments et mécanismes régionaux et internationaux de défense des droits humains ont inspiré une multitude d’avancées et ont été un vecteur d’universalisation des droits humains. Ils sont essentiels pour permettre aux défenseurs des droits humains de faire entendre leur voix et condamner les violations. Or, leur effectivité et leur impact sont affectés. Les moyens mis à leur disposition s’amenuisent.

Le Conseil de sécurité des Nations unies, pris en otage par le droit de véto de ses cinq membres permanents, ne remplit plus pleinement ses fonctions face à la multiplication des crises. En témoigne son incapacité à répondre aux crises telles celles qui traversent la Syrie, la Crimée ou la Palestine, dans le respect des droits humains, par et pour le bénéfice de ceux-ci.

La justice internationale fait également face à de multiples défis. Les difficultés rencontrées pour la voir se déployer de manière universelle, pour mettre les grandes puissances face à leur responsabilité ainsi que la multiplication des politiques hostiles entravent la justice internationale. Les attaques récentes de l’Administration Trump à l’encontre de la CPI et de son personnel en sont une dernière illustration.

La gouvernance économique est menée en dehors des fora multilatéraux mondiaux et en contradiction avec les engagements internationaux en matière de droits humains, tandis que les initiatives internationales pour concilier économie et droits humains peinent à se concrétiser.

En parallèle, la carte géopolitique mondiale et les rapports entre États sont en mutation, comme l’est la répartition des pouvoirs entre les acteurs publics et privés. Différents acteurs consolident leur position à l’échelle mondiale, tandis qu’ils ont pour objectif assumé de saper l’ordre international et la protection des droits humains.

Le multilatéralisme doit pouvoir être repensé, réinvesti et renforcé dans sa fonction de garant d’une gouvernance mondiale au service des droits humains.

1b. Promouvoir les droits humains et l’État de droit dans des démocraties en crise

Les démocraties élisent des dirigeants qui promeuvent des politiques conflictuelles, autoritaires et illibérales. Ces politiques restreignent les libertés, remettent en cause le caractère universel et indivisible des droits humains et limitent la portée des systèmes de protection universels.

L’instrumentalisation et la confiscation de la démocratie par l’extrême droite populiste et/ou par les régimes autoritaires engendrent de nouveaux défis pour les défenseurs des droits humains. Résistance et résilience doivent aller de pair avec le renforcement d’alliances entre les organisations de défense des droits humains et les mouvement sociaux.

2. Élargir nos horizons : étendre la portée et les normes en matière de droits humains

Les sociétés contemporaines sont confrontées à de nouveaux enjeux qui ne peuvent être résolus efficacement que si les droits fondamentaux servent de cadre.

2a. Technologies numériques

Les technologies numériques deviennent essentielles pour servir l’action des défenseurs des droits humains dans le monde entier et pour donner la parole aux populations opprimées et marginalisées dans la mesure où elles y ont accès. Elles servent aussi hélas aux régimes autoritaires, qui en usent pour identifier et réprimer les voix dissidentes. De même, les avancées que présentent les algorithmes et l’intelligence artificielle ouvrent de nouveaux horizons notamment dans les domaines des soins médicaux, des transports ou de l’éducation ou encore, de façon plus problématique, comme auxiliaires de police ou de justice prédictives. Ils peuvent également menacer le fonctionnement des démocraties, les droits humains et l’État de droit. En conséquence il est indispensable de réaliser des évaluations d’impact sur les droits humains de ces systèmes, de généraliser l’éducation au numérique et de faire adopter des textes internationaux contraignants visant à assurer le droit d’accès à l’Internet pour tous, à la protection de la vie privée et à protéger les droits humains, les promouvoir et les défendre efficacement dans ces nouveaux environnements.

2b. Utiliser les droits humains pour aborder les enjeux environnementaux

L’humanité est confrontée à un défi majeur depuis le début du réchauffement climatique. Ses conséquences sont toutefois également tangibles du point de vue des droits humains : les inégalités et discriminations sont amplifiées, les migrations augmentent, les défenseurs sont ciblés et les communautés durement impactées.

Les individus ont droit à un environnement sain, une protection contre les atteintes à la vie. Les droits collectifs liés à l’environnement, le droit à la terre, le droit à l’eau méritent d’être davantage reconnus et renforcés.

2c. Renforcer la responsabilisation et les obligations des entreprises

La régulation des entreprises se renforce dans le monde et les initiatives qui les obligent à rendre des comptes en cas de violations des droits humains se multiplient. Après l’adoption des Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme des Nations unies en 2011, des directives de l’OCDE et le renforcement des législations obligeant les entreprises à respecter les droits humains dans la chaîne d’approvisionnement, auxquels il convient de donner corps et effectivité, nous devons également appuyer les dynamiques naissantes visant à renforcer davantage le cadre en matière de responsabilisation des entreprises au niveau régional, national et international. Au rang de celles-ci, figurent les négociations au sein des Nations unies concernant l’élaboration d’un traité contraignant pour les entreprises et les droits humains.

3. Consolider les fondements de notre mouvement : faire de la jouissance et du respect des droits humains une réalité pour tous

Les droits humains comptent dès lors qu’ils s’adressent à tous et chacun. Sinon, les droits deviennent des privilèges pour certains. Notre mouvement doit poursuivre son action pour faire des droits humains et de la justice sociale une réalité à l’échelle universelle.

3a. Défendre les défenseurs

Agents du changement à travers le monde, les défenseurs des droits humains sont aujourd’hui de plus en plus présentés dans le débat public comme des « menaces pour la sécurité nationale », des « terroristes », des « traîtres » et des « ennemis de l’État » ou « du développement » pour s’être opposés aux politiques mises en place par les autorités, voire même pour avoir dénoncé l’impact des activités économiques ou l’expropriation des communautés locales.

Forts de cette rhétorique, les gouvernements s’attaquent à l’action de la société civile par le truchement de mesures nationales et internationales de lutte contre le terrorisme, et imposent des restrictions diverses aux ONGs, ce qui restreint leur capacité d’action. Dans de plus en plus de régions du monde, les défenseurs des droits humains sont menacés dans leur liberté et leur sécurité.

3b. Modifier les récits pour les migrants et les réfugiés

L’inégalité mondiale et la répartition inégale des richesses constituent une source majeure de migration. Tant que la répartition inégale des richesses s’accentuera, les flux migratoires ne feront qu’augmenter.

La communauté internationale et la société civile doivent travailler ensemble pour lutter contre les violations des droits qui conduisent aux migrations, développer des politiques qui sécurisent les routes migratoires et lutter contre la criminalisation des défenseurs de droits humains qui viennent en aide aux migrants. L’intégration des migrants ne peut se faire dans des conditions de ségrégation. La ségrégation alimente le discours d’extrême droite qui considère les migrants comme des envahisseurs. Changer ce récit est un défi majeur. A défaut, les droits et la cohésion sociale sont gravement menacés.

3c. Répondre aux menaces qui pèsent sur l’universalité des droits des femmes

Dans le monde entier, les droits des femmes sont l’objet de restrictions voire d’aliénation en raison de l’instrumentalisation d’un héritage culturel et religieux, de traditions ancestrales et de pratiques discriminatoires d’origine patriarcale.

Beaucoup de femmes subissent des discriminations dans la reconnaissance et la jouissance de leurs droits au sein de la famille, leurs droits à la santé, leurs droits reproductifs et sexuels, leurs droits économiques, sociaux et politiques, sur la base tant de l’égalité dans la loi que de l’égalité devant la loi. Elles sont victimes de violence, de traite et de féminicide.

Dans des contextes de régimes dictatoriaux, de crimes organisés, de conflits, de changement de régimes politiques, les femmes sont aussi victimes de violences sexuelle. Le viol est utilisé par certains comme une arme de guerre et de nettoyage ethnique. Elles sont soumises à des violences extrêmes de violation de leurs droits humains, de leur citoyenneté et de leur dignité.

La Fédération doit poursuivre ses actions pour défendre les droits des femmes dans ces contextes particulièrement difficiles.

3d. Lutter contre les discriminations LGBTI+

Le concept d’universalité des droits humains est souvent remis en question, notamment lorsqu’il s’agit de défendre les droits des personnes LGBTI+. Dans certaines sociétés ces droits sont taxés de refléter des « valeurs occidentales » par leurs détracteurs. Les personnes LGBTI+ sont alors discriminées et servent d’alibis pour créer un groupe bouc-émissaires menaçant la collectivité, ses valeurs et ses traditions particulières, souvent appelées nationales. Dans de nombreux pays encore, la lutte pour l’égalité des personnes LGBTI+ reste menée par des organisations spécialisées, et n’est intégrée que de façon marginale à l’activité d’organisations de défense des droits humains généralistes. Pourtant, de nombreux pays ont réussi à réduire les discriminations, en particulier grâce à la mobilisation des jeunes. La liste des pays où le mariage entre conjoints du même sexe est légalisé ne cesse de s’allonger, et les législation répressives sont combattues. Il s’agit de mieux identifier les modalités, conditions et les raisons de ces avancées, afin de capitaliser sur celles-ci.

3e. Lutter contre la peine de mort  

Le droit à la vie demeure précaire, menacé par l’application de la peine capitale. C’est en Asie que les pays non abolitionnistes sont les plus nombreux et qu’il y a le plus grand nombre d’exécutions au monde. L’équité de la justice, le droit à un procès et à des procédures équitables sont autant de principes cardinaux dont le respect participe à limiter l’utilisation de la peine de mort et à conduire les pays sur la voie de l’abolition.

3f. La justice, un outil pour renforcer l’universalité des droits

Dans leur quête de justice, de vérité et de réparation, la première étape pour les victimes de graves violations des droits humains et de crimes de droit international est de pouvoir recourir aux tribunaux pénaux nationaux, dans le pays où ces crimes ont été commis. Cependant, plusieurs facteurs peuvent entraver l’accès effectif à la justice à l’échelle locale ou nationale : le manque de volonté politique et/ou de capacité des systèmes de justice nationale, l’affaiblissement ou l’effondrement total des systèmes juridiques, le manque d’indépendance, les obstacles politiques, ou l’absence de mesures de protection pour les victimes ou le personnel judiciaire, par exemple. C’est pourquoi il est nécessaire d’explorer d’autres moyens de lutter contre l’impunité et d’établir les responsabilités des auteurs. Notre action doit en conséquence continuer à soutenir l’accès effectif des victimes de crimes internationaux à d’autres mécanismes de justice, au niveau national en application du principe de compétence extra-territoriale, au niveau régional ou au niveau national, devant des tribunaux mixtes ou internationaux, comme la Cour pénale internationale. Ces mécanismes présentent aussi des défis spécifiques et évolutifs à relever, mais aussi des possibilités de tirer parti des ouvertures au sein de l’architecture de la justice mondiale et garantir l’accès des acteurs locaux à chaque étape.

4. Réhabiliter l’universalité des droits

La dignité humaine est l’axiome des droits. Les êtres humains ont leur dignité parce qu’ils sont humains et c’est tout. C’est cela l’universalité. Les droits humains sont la réponse juridico-politique de la communauté humaine à l’indignation suscitée par les expériences les plus tragiques auxquelles l’humanité a été et continue d’être confrontée, à commencer par les deux guerres mondiales du 20ème siècle. Avant même d’être cet objet juridique d’une immense richesse, ils expriment l’intuition de l’universalité du refus de l’injustice et des atteintes à la dignité humaine.

Que ces enjeux soient anciens ou nouveaux, pour traiter des enjeux liés à la réalisation des droits, notre réponse doit être universelle, et reposer sur une gouvernance cosmopolitique qui dépasse les frontières des États et s’affranchisse des intérêts économiques.

L’universalité des droits humains s’articule parfaitement avec les différences et disparités culturelles, économiques, sociales ou encore historiques. Les droits humains sont le filet de protection minimal des intérêts les plus fondamentaux de l’être humain ; ils donnent corps à sa dignité. Les conventions internationales des droits humains pensent la diversité pour mieux définir ce socle commun. Elles s’attachent à interdire les discriminations au regard des critères qui ont servi, dans l’Histoire, à exclure et marginaliser. Elles consacrent les droits culturels en autorisant, pour de nombreux droits, des aménagements en fonction des particularismes ou des circonstances, à l’exception des droits absolus telle l’interdiction de la torture et des traitements inhumains et dégradants. Ces aménagements doivent nécessairement rester définis par la loi, précis, nécessaires, proportionnés aux buts poursuivis et non discriminatoires.

Les droits humains, indivisibles, sont ainsi le droit et le bien commun et partagé de l’humanité. Les droits servent à la fois la sécurité de nos communautés et la dignité individuelle.

Disparition de Maître Daniel Jacoby, ancien président de la FIDH

Cher-e-s ami-e-s,

Nous avons appris avec tristesse la disparition de Maître Daniel Jacoby, avocat à la Cour d’appel de Paris. Il a permis, avec Michel Blum, dès les années 60, de redonner vie à la FIDH, et en a assuré la présidence pendant 9 années, de 1986 à 1995.

La FIDH exprime, en ces moments douloureux, toute son affectueuse sympathie à la famille et aux proches de Daniel Jacoby.

Un hommage lui sera ultérieurement rendu lorsque les circonstances le permettront.

Alice Mogwe
Présidente de la FIDH

Un siècle de combats pour les droits humains, 100 ans de défis à venir pour la FIDH

#FIDH100 / www.FIDH100.org

100 ans plus tard, nous sommes plus que jamais convaincu·es que la solidarité au cœur de ce modèle est indispensable pour poursuivre notre combat pour le siècle à venir.

Ce n’est pas un hasard si, lors de sa création, la devise adoptée par la FIDH est « La paix par les droits de l’Homme » (à l’époque on parlait encore de droits de l’Homme et pas encore de droits humains). En effet, au lendemain de la Première guerre mondiale, l’Europe est dévastée et sous le choc. C’est à l’initiative de la Ligue des droits de l’Homme française et de la Bund Neues Vaterland allemande qu’une quinzaine d’organisations nationales se réunissent à Paris pour fonder la FIDH, afin de promouvoir la paix par le droit et la coopération entre les pays pour que les atrocités de la Première Guerre mondiale ne se reproduisent pas.

Ces organisations fondatrices avec la France et l’Allemagne venaient d’Arménie, Belgique, Bulgarie, Chine, Danemark, Espagne, Grèce, Norvège, Pologne, Portugal, Russie, Suède et Suisse.

La coopération et la solidarité étant au cœur de son mode de fonctionnement, la FIDH, en avance sur son temps, a réalisé des accomplissements remarquables au cours de ses 100 premières années d’existence. Elle a ainsi appelé dès 1927 à la rédaction d’une Déclaration mondiale des droits de l’Homme et à la mise en place d’une Cour pénale internationale permanente. Ces campagnes ont finalement abouti à l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Homme par l’Assemblée générale des Nations unies en 1948 et à la création de la Cour pénale internationale par le Traité de Rome en 1998.

Au fil des décennies la FIDH s’est renforcée. En Afrique d’abord, après la décolonisation et les indépendances et l’adhésion, dès 1978, de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme. En Amérique latine ensuite avec les grands espoirs démocratiques des années 1980. Et à l’Est enfin après la chute du mur de Berlin en 1989. Aujourd’hui, la FIDH compte 192 organisations de 117 pays.

Ce renforcement permet à la FIDH de dénoncer les crimes des dictateurs, de documenter ces crimes et de faire en sorte qu’ils ne restent pas impunis. C’est aussi une force pour garantir aux défenseur⸱es des droits humains partout dans le monde qu’ils et elles seront défendus face aux régimes autoritaires et aux menaces.

Nous ne le savons que trop, les droits humains ne doivent jamais être considérés comme acquis. Changement climatique, inégalités croissantes, intrusion du numérique dans notre espace privé, surveillance, dérives autocratiques : de nombreux défis nous attendent pour le siècle à venir. Si la FIDH a pu mener un siècle de combats grâce à la solidarité, la coopération et son modèle fédératif, ce nouveau siècle qui commence devra voir triompher l’universalité des droits, de nouveaux droits et leur effectivité.

Rendez-vous en 2122 !

#Askthefuture : donnez en ligne votre avis sur les droits humains du futur !

C’est la mission de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) d’y réfléchir et de travailler à un nouveau modèle de société juste et équitable. Une réflexion à mener ensemble. Car VOS idées comptent.

La FIDH lance donc dans le cadre de son centenaire une consultation citoyenne mondiale : c’est la campagne #Askthefuture.

Nous vous invitons à contribuer sur le site internet du centenaire FIDH100.org. en français, en anglais ou en espagnol.

Ouverte à toutes et tous, sans aucune restriction d’âge, de lieu, de genre ou de nationalité, cette consultation se tiendra du 15 juin au 31 décembre 2022.

En parallèle de ce dispositif en ligne, un certain nombre d’ateliers en présentiel à destination des 16-25 ans sont organisés avec les partenaires de la FIDH à Paris, à Bruxelles et bientôt à Genève. Avec comme objectif de sensibiliser les générations futures à l’idéal universaliste de la FIDH : les mêmes droits pour toutes et tous, partout.

Par exemple, le 18 juin 2022, le Quartier jeunes de la Ville de Paris (situé 4, place du Louvre 75001 Paris) accueillera entre 14h et 18h, quatre sessions d’ateliers ludiques ouvertes aux jeunes pour aborder les trois questions suivantes :
- quelle police pour demain ?
- comment pousser nos politiques à agir sur la question du réchauffement climatique ?
- quels droits pour nos avatars numériques dans le metavers ?

Les ateliers seront animés par des médiateur·ices de la Ville de Paris et des expert·es de notre organisation membre française, la Ligue des droits de l’Homme (LDH).

- Pour vous inscrire, cliquez ici
- Pour plus d’informations, cliquez ici

Plusieurs moments de restitution de cette consultation citoyenne seront au programme du centenaire de la FIDH d’ici décembre 2022. Pour les connaître, suivre l’Agenda du centenaire.

Agir est le meilleur moyen d’espérer !
Donner son avis c’est déjà s’engager : rendez-vous sur #Askthefuture !

1922 - 2022, la FIDH a 100 ans !

Retrouvez toutes les informations liées au centenaire, en particulier sur l’histoire de la FIDH sur le site internet dédié : https://fidh100.org

Il y a 100 ans, en 1922, dans le contexte de l’après première guerre mondiale, les ligues allemandes et françaises de défense des droits humains se rassemblaient avec 20 autres ligues nationales pour créer ensemble la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme, devenue en 2019 la Fédération internationale pour les droits humains. Depuis, les combats de la FIDH pour un monde juste et équitable ont parsemé son histoire riche et tragique.

« Célébrer notre centenaire, c’est préparer nos 100 prochaines années. Notre force, c’est d’avoir su rester pertinent·es en nous adaptant aux changements sans jamais dévier de notre mission. Nous avons pu l’être parce que notre exigence d’un respect universel des droits humains, portée par des femmes et des hommes qui ne ménagent jamais leurs efforts, vient de toutes les organisations qui forment notre fédération. »

Alice Mogwe, présidente de la FIDH

Pour Alice Mogwe, «  ce centenaire est l’occasion de leur rendre hommage et de nous projeter vers notre futur : inventer et défendre les droits de demain ».

Un centenaire résolument tourné vers le futur

Dérèglement climatique, inégalités croissantes, menaces sur la démocratie et sur nos données personnelles, discriminations contre les populations vulnérables : les enjeux de ce nouveau siècle sont déjà brûlants. Quels nouveaux droits pour répondre à ces nouveaux défis ? Et comment les mettre en œuvre ? L’organisation tentera d’y répondre en se tournant vers la jeunesse à travers la mise en place de la plateforme en ligne #AskTheFuture, qui servira à recevoir les propositions émises par les citoyens et citoyennes du monde entier.

Cette plateforme viendra compléter un travail universitaire d’envergure – un cycle de conférences mené en partenariat avec les universités de Sceaux Paris Saclay, Paris Panthéon Sorbonne 1, de la Law Clinic de Genève et de l’Université de Genève. Du 20 mai au 8 décembre 2022, une dizaine de conférences seront organisées à Paris, Bruxelles et Genève. En présence de grand·es universitaires, d’expert·es de la FIDH et de « grand·es témoins » qui pensent, combattent et ensemble réinventent les droits humains.

Point d’orgue de ces célébrations, une soirée exceptionnelle aura lieu à l’Hôtel de Ville de Paris, à l’invitation de la Maire de Paris Anne Hidalgo, le 23 octobre 2022, en présence de dignitaires européen·nes et de plus de 150 défenseur·es des droits humains venu·es du monde entier pour l’occasion.

Le 24 octobre 2022, le congrès mondial de la FIDH (24-27 octobre 2022) s’ouvrira par une journée entière de tables rondes – toujours à l’Hôtel de ville de Paris – réunissant des activistes des cinq continents sur les grands enjeux de demain : l’universalisme des droits à l’aune de la diversité humaine, la grande pauvreté, les biens communs au secours de l’humanité et enfin, l’adéquation des droits à la crise climatique.

La FIDH agit et rayonne dans le monde entier et à ce titre s’associe cette année à la « Quinzaine de la solidarité internationale » de Bruxelles début octobre, ainsi qu’à la « Semaine des Droits Humains » fin novembre à Genève. À cette occasion, la fédération proposera une exposition photos itinérante élaborée avec l’agence Magnum, la diffusion de films produits par le Mobile Film Festival ou encore la tenue d’ateliers de consultation des jeunes en collaboration avec les Mairies de Bruxelles et Paris. Plusieurs événements marquants sont également prévus sur le continent africain ainsi qu’en Europe de l’Est. Enfin de magistrales œuvres d’art seront installées à Bruxelles et Paris avec le généreux soutien des artistes de l’agence MTART.

« Notre programmation reflète la FIDH et la diversité de ses valeurs. L’audace, la créativité, la solidarité, la mise en valeur de la société civile et notre modèle fédératif qui est la clé de notre fonctionnement unique parmi les grandes organisations internationales. Nos partenaires sont alignés avec cette exigence, nous sommes heureux·ses de pouvoir être accompagné·es par des acteur·rices si nombreux·ses, mais qui ont en commun la même exigence et le même engagement ».

Éléonore Morel, directrice générale de la FIDH

Retrouvez toutes les informations liées au centenaire, en particulier sur l’histoire de la FIDH sur le site internet dédié : https://fidh100.org

Des partenaires engagés

Pour mener à bien son travail, la FIDH a rassemblé autour de son projet de nombreux partenaires institutionnels, publics comme privés, tous mus par le souci du bien commun et la défense inconditionnelle de la dignité humaine. Retrouvez la liste complète de nos partenaires ici.

À l’attention des rédactions

- Eléonore Morel, DG de la FIDH est disponible pour des interviews en français.
- Alice Mogwe, présidente de la FIDH est disponible pour des interviews en anglais.

L’histoire de la FIDH c’est :
- la participation à l’écriture de la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 ;
- l’appel à création de la Cour pénale internationale ;
- le soutien aux victimes des génocidaires rwandais·es, cambodgien·nes ou criminel·es de guerre syrien·nes ;
- la lutte aujourd’hui contre les dérives anti-démocratiques russes, chinoises, ainsi que celles d’autres États ne respectant pas les droits fondamentaux ;
- l’accompagnement des communautés impactées par les enjeux environnementaux au Brésil, au Chili, en Italie ou en Équateur ;
- une mobilisation sans faille sur tous les grands procès internationaux et les grands moments de la justice internationale.

Contacts médias

Raphaël Lopoukhine, responsable du bureau éditorial et relations-presse
rlopoukhine@fidh.org - +33 6 72 28 42 94

Maxime Duriez, chargé de communication éditoriale et presse
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