La FIDH préoccupée par l’invalidation de la candidature d’Arabes israéliens aux prochaines élections législatives

03/01/2003
Communiqué

Plusieurs députés et un parti arabes israéliens, dont Azmi Bishara et son parti (Balad), viennent d’être interdits de candidature aux élections législatives du 28 janvier prochain. La même commission de la KNESSET qui a pris ces décisions a refusé, en même temps, d’invalider la candidature d’un représentant de l’extrême droite raciste israélienne.

La FIDH dénonce cette atteinte au processus démocratique. La FIDH considère que ces interdictions portent atteinte au droit de la minorité arabe d’Israël de choisir librement ses représentants lors des prochaines élections et violent les dispositions du droit international et notamment la Convention internationale sur l’élimination de toute forme de discrimination raciale (article 5) et l’article 25 du Pacte international sur les droits civils et politiques qui stipule : " tout citoyen a le droit et la possiblité, sans aucune des discriminations visés à l’article 2 (notamment raciale) et sans restrictions déraisonnables, de prendre part à la direction des affaires publiques, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis ; de voter et d’être élu (…) ".

Déjà, le 7 novembre 2001, l’immunité parlementaire d’Azmi Bishara avait été levée pour avoir organisé des voyages en Syrie de familles arabes séparées ou tenu des propos qualifiés de "soutien au terrorisme". La minorité arabe d’Israël, fortement discriminée, vient de se voir signifier, aujourd’hui, qu’elle n’avait pas le droit de choisir librement ses représentants. La majorité parlementaire actuelle voudrait conforter les arabes israéliens dans leur sentiment qu’ils n’ont aucun avenir au sein de l’Etat d’Israël qu’elle n’agirait pas autrement.

A terme, c’est l’existence même de la démocratie en Israël qui est en jeu. Quelle conception de l’Etat d’Israël va-t-elle prévaloir ? Un Etat épuré de sa minorité arabe et reclus sur lui-même ou un Etat qui admette une citoyenneté égale pour tous ? Aucune démocratie ne peut subsister si elle est confisquée par certains.

Il reste l’espoir que la Cour Suprême invalide ces décisions et rappelle qu’il n’y a pas deux sortes de citoyens aux droits différents en Israël.

La FIDH appelle Israël à se conformer aux principes élémentaires qui fondent toute démocratie et, notamment, le respect des minorités.

Lire la suite
communique