Égypte / Algérie : Des protestations sans précédent pour les droits sociaux et la démocratie

26/01/2011
Communiqué
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La FIDH suit avec la plus grande attention le mouvement de protestation sociale qui se répand dans la région, en particulier en Égypte et en Algérie, faisant écho à la révolution tunisienne. La FIDH appelle les autorités de ces deux pays à considérer ces protestations comme légitimes : elles doivent prendre en compte celles-ci avec le plus grand sérieux et y apporter des réformes concrètes et immédiates pour répondre aux déficits démocratiques et sociaux.

Les manifestations qui se sont déroulées dans toute l’Égypte le 25 janvier, initiées à travers les réseaux sociaux, sont sans précédent. Elle ont réuni des milliers de manifestants dans un pays régi par l’Etat d’urgence où les manifestations sont interdites. La colère et le désespoir économique d’une population privée de libertés ont encouragé les égyptiens à faire face aux importantes unités policières et anti-émeute déployées dans les rues.

La FIDH souligne que les partis politiques n’ont pas appelé aux manifestations, même si certains de leurs militants ont pu y prendre part en leur qualité personnelle.

La FIDH condamne avec la plus grande vigueur la mort de deux manifestants et d’un policier et demande aux autorités égyptiennes de relâcher immédiatement les manifestants arrêtés, qui seraient au nombre approximatif de 500, et appelle au respect des droits de réunion pacifique et à la liberté d’expression, y compris en rétablissant l’utilisation libre des téléphones portables et des réseaux sociaux, en conformité avec les instruments régionaux et internationaux ratifiés par l’Égypte. La FIDH appelle la communauté internationale à condamner tout utilisation excessive de la force pour réprimer les manifestations et à appeler au respect des libertés de manifestation, d’expression et d’information.

En Algérie, également soumis à loi d’Etat d’urgence, les manifestations qui se sont déroulées samedi dernier ont été sévèrement réprimées par les forces de sécurité. La FIDH a à plusieurs reprises exprimé son inquiétude face au violence liées aux protestations sociales qui ont secouées ce pays depuis début janvier 2011.

Ce soulèvement, également principalement mené par la jeune population, vient en réaction aux scandales de corruption affectant les institutions publiques et à l’incapacité du gouvernement de répondre aux besoins de la population concernant l’accès au logement, à l’éducation et aux services de santé, alors que le pays détient grâce aux exportations pétrolières des réserves de change d’environ 155 milliards de dollars.

La FIDH rappelle que la situation économique et sociale de l’Algérie préoccupe notre organisation depuis plusieurs mois. Avec ses partenaires algériens, la FIDH a publié en avril 2010 un rapport intitulé “The bad life : situation of economic, social and cultural rights in Algeria” (http://www.fidh.org/La-mal-vie-rapport-sur-les-droits-economiques) dans lequel est mis en avant l’éventualité d’un soulèvement de la population en raison de son désespoir.

La FIDH réitère son appel au autorités algériennes à s’abstenir de toute répression des protestations légitimes et à autoriser l’expression pacifique des revendications de la population en révoquant les lois liberticides, y compris l’Etat d’urgence.

« Au delà des situations économiques et sociales, les soulèvements expriment l’exaspération des populations forcées au silence par la restriction des libertés fondamentales », a déclaré Souhayr Belhasen, présidente de la FIDH ». « La répression arbitraire ne peut en aucun cas constituer une réponse aux protestations légitime pour les droits sociaux et la démocratie », a-t-elle conclu .

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