Crimes contre l’humanité. Quand leurs auteurs seront-ils jugés ?

05/02/2000
Communiqué

Rapport d’une mission internationale d’enquête sur les crimes de
guerre et les crimes contre l’humanité perpétrés en Tchétchénie (Février 2000)

L’histoire d’un conflit

Le territoire tchétchène fait partie de l’Empire russe
depuis la fin du XVIIIème siècle, mais l’instauration du
pouvoir russe s’est faite contre une forte résistance, et
l’Empire a dû lutter contre plusieurs insurrections au
XIXème siècle. L’enracinement du pouvoir soviétique
s’est fait également au prix de violents combats. Une
république soviétique des Tchétchènes et des
Ingouches est finalement créée.

Le 23 février 1944, les Tchétchènes sont déportés sur
ordre de Staline dans leur quasi-totalité au Kazakhstan,
sous l’accusation fallacieuse de collaboration avec les
nazis. Plus de 400 000 personnes meurent lors de
cette déportation, qui s’accompagne d’un processus de
destruction de la mémoire et de la culture tchétchène et
ingouche. En 1957, les Tchétchènes sont réhabilités
par Khrouchtchev et rentrent sur leurs terres. La
mémoire de la déportation reste très vive parmi les
Tchétchènes, toutes les personnes âgées de plus de
quarante ans ayant connu l’exil.

La proclamation de la souveraineté de la République
tchétchène se fait sur fond d’effondrement de l’Union
Soviétique et de luttes de pouvoir interne. Djokhar
Doudaev, général de l’armée soviétique se fait élire
Président de la République en octobre 1991. Il
proclame la souveraineté de la République tchétchène
d’Itchkérie le 1er novembre 1991. L’Ingouchie se
sépare de la Tchétchénie en juin 1992.
En 1992 une constitution laïque instaurant un régime
parlementaire est adoptée, mais en 1993, après un
conflit avec le Parlement, D. Doudaev instaure un
régime présidentiel autoritaire. En l’absence de
véritables réformes, la situation économique se
dégrade rapidement.

Le régime russe, qui n’a jamais reconnu l’indépendance
de facto de la Tchétchénie, maintient la République
dans un régime de blocus économique et va jusqu’à
soutenir militairement l’opposition à Doudaev afin
d’instaurer un régime pro-russe.

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