Belgrade en nouvelle rupture de ban avec la justice internationale

18/01/1999
Communiqué

Alors même que l’ensemble de la communauté internationale déplore et condamne très fermement le massacre commis le vendredi 15 janvier 1999 dans le village de Racak au Kosovo par la police serbe, Belgrade vient de refouler à ses frontières Madame Louise Arbour, Procureur Général près le Tribunal Pénal International de la Haye pour l’ex-Yougoslavie.

Madame Arbour, arrivée ce matin même en macédoine, entendait se rendre sur les lieux du massacre commis vendredi dernier, pour, conformément aux pouvoirs qui lui sont conférés par les statuts du Tribunal Pénal International, et confirmés pour le Kosovo par les deux résolutions adoptées les 31 mars et 23 septembre 1998 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, enquêter sur les crimes commis, en identifier les auteurs et commanditaires et les poursuivre.

En refusant l’accès à leur territoire au Procureur Général près le TPI, les autorités de Belgrade manifestent clairement une fois encore leur mépris pour l’institution judiciaire internationale, établie à l’initiative du Conseil de Sécurité, en application du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, pour notamment sanctionner les violations les plus graves du droit international humanitaire.

La volonté officiellement exprimée par le Procureur de TPI de faire toute la lumière sur les crimes commis au Kosovo par la police serbe et d’en identifier, pour les poursuivre, non seulement les exécutants mais aussi et surtout les donneurs d’ordre, ne saurait être entravée par les dérobades d’un régime qui a choisi la terreur plutôt que la justice.

Sauf à remettre en cause les fondements mêmes de la juridiction créée pour juger, en toute indépendance, les violations graves du droit humanitaire, la communauté internationale a l’impérieux devoir de contraindre au plus vite et par tous les moyens les autorités yougoslaves à laisser les Magistrats du TPI enquêter en toute liberté au Kosovo pour que la justice soit faite et que la paix et la sécurité puissent être rétablies.

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