Un an après la condamnation d’Ales Bialiatski, le centre de défense des droits de l’Homme Viasna fait l’objet d’un harcèlement constant

23/11/2012
Appel urgent
en fr ru

Paris-Genève, 23 novembre 2012 –Un an après la condamnation d’Ales Bialiatski, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), demeure très préoccupé par le maintien en détention injustifié du célèbre défenseur des droits de l’Homme et par le harcèlement constant qui vise les membres du centre de défense des droits de l’Homme Viasna et les autres défenseurs des droits de l’Homme du pays.

Il y a un an, le 24 novembre 2011, le Tribunal du district de Pervomaïskoé (Minsk) a condamné M. Ales Bialiatski, directeur du Centre de défense des droits de l’Homme Viasna et vice-président de la FIDH, à quatre ans et demi d’emprisonnement dans une colonie pénitentiaire à régime sévère. Le verdict ordonnait également la saisie de ses biens, y compris celle des locaux de Viasna, enregistrés sous son nom. Ales Bialiatski a été condamné à une amende de 757 526 717 roubles belarusses (approximativement 70 000 euros). Le 24 janvier 2012, le Tribunal municipal de Minsk a confirmé la sentence en appel et, le 28 février 2012, Ales Bialiatski a été transféré à la colonie pénitentiaire N°2 de Bobrouïsk. L’Observatoire rappelle que M. Bialiatski a été arrêté le 4 août 2011 par des agents de police du Département d’enquêtes financières et accusé, sur la base d’un dossier monté de toutes pièces, d’« évasion fiscale à très grande échelle ».

Depuis lors, il a fait l’objet de nombreuses mesures disciplinaires injustifiées de la part de l’administration pénitentiaire. Parmi elles, la réduction de ses moyens de subsistance mensuels, la limitation de son droit de visite et l’interdiction de recevoir des colis de médicaments. Dans le même temps, les autres détenus se sont vu interdits de communiquer avec M. Bialiatski, ce qui a augmenté son isolement et la pression psychologique qui pèsent sur lui.

La condamnation de M. Bialiatski visait à punir non seulement ses propres activités de défense des droits de l’Homme mais aussi celles de Viasna. Début juillet 2012, le Tribunal du district de Partizanskoïé (Minsk) a confirmé la saisie des locaux de l’organisation. Le 17 novembre, Mme Natalia Pintchouk, l’épouse d’Ales Bialiatski, a reçu une notification officielle l’informant que Viasna serait expulsée de ses locaux le 26 novembre, malgré le fait que l’organisation les occupe depuis déjà douze ans.

Une fois de plus, l’Observatoire dénonce fermement le harcèlement constant et la détention arbitraire d’Ales Bialiatski, et s’inquiète des conséquences de l’expulsion de Viasna, organisation qui offre depuis plus de seize ans une assistance déterminante aux victimes des violations des droits de l’Homme. Il apparaît clairement que ces développements constituent une étape supplémentaire de l’interminable campagne de diffamation et de harcèlement conduite par les autorités belarusses contre le Centre de défense des droits de l’Homme Viasna au cours des dernières années.

C’est pourquoi l’Observatoire presse les autorités belarusses de procéder à la libération inconditionnelle et immédiate de M. Bialiatski et de mettre fin à tout harcèlement à l’égard du CDH Viasna, car ces mesures visent indiscutablement à entraver et sanctionner ses activités légitimes dans le domaine de la défense des droits de l’Homme.

Plus généralement, l’Observatoire appelle de nouveau les autorités du Bélarus à mettre fin à l’actuel climat répressif qui entoure les défenseurs des droits de l’Homme et leurs organisations dans le pays, et à se conformer ainsi à la Déclaration universelle sur les défenseurs des droits de l’Homme, à la Déclaration universelle des droits de l’Homme et aux autres documents internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par le Bélarus.

Pour plus d’information, contacter :
· FIDH : Audrey Couprie / Arthur Manet : +33 1 43 55 25 18
· OMCT : Delphine Reculeau : +41 22 809 49 39

Lire la suite
appelobs