Résolution sur la situation des droits humains au Tibet adoptée par le 38ème Congrès de la FIDH

31/05/2013
Communiqué
en es fr

38ème Congrès de la FIDH
23-27 mai 2013
Istanbul (Turquie)

Présentée par la Campagne internationale pour le Tibet

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), réunie à son XXXVIII congrès à Istanbul,Turquie,

- vu le rapport conjoint FIDH/International Campaign for Tibet intitutlé ”Violations des droits de l’Homme et auto-immolations : témoignages des Tibétains en exil”, de mai 2012 ;

- vu la déclaration du Haut-Commissaire des Nations-Unies sur la situation au Tibet du 2 novembre 2012 ;

- vu les résolutions du Parlement Européen sur la Chine et le Tibet, en particulier les résolutions du 14 juin 2012, 27 octobre 2011, et du 25 novembre 2010 ;

A.attendu que les envoyés de Sa Sainteté le Dalaï Lama et les dirigeants élus par le peuple tibétain ont approché le Gouvernement de la République populaire de Chine en vue de trouver une solution pacifique et mutuellement acceptable au problème tibétain ; attendu que les entretiens entre les deux parties sont dans une impasse depuis janvier 2010 ; attendu que l’envoyé spécial de Sa Sainteté le Dalaï Lama Lodi Gyari ainsi que l’envoyé Kelsang Gyaltsen ont démissionné de leurs fonctions en juin 2012 en raison de leur frustration totale face à l’absence de réaction positive de la part de la partie chinoise ;

B.attendu que plus de 104 tibétains se sont immolés par le feu depuis 2009 en signe de protestation contre le durcissement de la politique chinoise au Tibet et pour manifester leur soutien à un retour du Dalaï Lama et au droit à la liberté religieuse dans plusieurs régions du Tibet au sein de la République populaire de Chine ;

C.attendu que des mesures de répression supplémentaires ordonnées par les autorités chinoises risquent d’intensifier le problème ; attendu que le Gouvernement chinois se livre à une escalade militaire, imposant une structure sécuritaire écrasante et déployant des fonctionnaires de police et des cadres du parti au sein de monastères et d’autres institutions religieuses ;

D. attendu que Gedhun Choekyi Nyima, le 11ème Panchen-Lama, a été placé en détention par les autorités de la République populaire de Chine et que personne ne l’a vu depuis le 14 mai 1995 ;

1.Réitère qu’une nouvelle approche s’impose vis à vis du Tibet ; le Gouvernement chinois doit prendre des mesures immédiates pour faire face à l’actuel état d’urgence dans les régions tibétaines ;

2.Exhorte la communauté internationale à faire pression sur les autorités chinoises pour que celles-ci réexaminent leur approche et leur politique de “maintien de la stabilité” telles qu’actuellement mises en œuvre au Tibet, qu’elles mettent fin à l’escalade militaire et limitent l’écrasant pouvoir de leur dispositif de sécurité ;

3.Encourage tous les diplomates, y compris les représentants des organisations internationales, ainsi que tous les journalistes à réclamer l’accès à toutes les régions du Tibet jusqu’à ce que cette autorisation leur soit accordée, sur la base du principe de réciprocité qui permet aux diplomates et journalistes chinois de circuler librement à l’intérieur des pays où ils sont en poste ;

4.Souscrivent aux principes énoncés dans le Mémorandum sur une autonomie véritable pour le peuple tibétain, transmis par les envoyés de Sa Sainteté le Dalaï Lama à leurs homologues chinois en 2008, car ces principes constituent la base d’une solution politique réaliste et durable au problème tibétain ;

5.Lance un appel à la “Cinquième génération des dirigeants du Parti Communiste Chinois” pour qu’ils décident de renouer le dialogue avec les représentants de la partie tibétaine et d’élargir et approfondir ce dialogue, compte tenu des menaces planant actuellement sur la culture tibétaine, du fait de la politique chinoise en matière de pratique religieuse et de liberté d’expression, de pratique linguistique et d’éducation, d’immigration de ressortissants non-tibétains et de développement économique ;

6.Demande instamment au Gouvernement chinois de reconnaître l’importance que revêt le Dalaï Lama pour la population tibétaine et son rôle critique pour l’avenir du Tibet, et de mettre fin aux attaques rhétoriques et autres efforts de propagande dirigés contre le Dalaï Lama ;

7.Encourage les autorités chinoises à procéder à une évaluation indépendante des politiques actuellement mises en œuvre ainsi que de la législation et de la réglementation pouvant avoir un impact négatif sur la culture tibétaine, et cela en faisant appel à des experts internationaux et avec la participation de membres de la communauté tibétaine ;

8.Demande instamment au Gouvernement chinois de réviser les mesures sécuritaires actuellement en place, compte tenu de l’agitation, des auto-immolations et des manifestations de protestation dans les régions tibétaines, et dans la mesure du possible, de limiter de manière permanente la présence des forces de sécurité dans les régions

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