Libérez immédiatement Rimsha : arrêtez d’appliquer la loi sur le blasphème !

07/09/2012
Communiqué
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Paris, Lahore, 6 septembre 2012. La Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme (FIDH) et son organisation membre, la Human Rights Commission of Pakistan (HRCP), appellent à la libération immédiate de Rimsha Masih, une enfant chrétienne de 14 ans présentant des difficultés d’apprentissage, en détention depuis le 16 août à la prison d’Adiala, dans le Pendjab au Pakistan, pour avoir violé la très controversée loi sur le blasphème.

Selon Zohra Yusuf, présidente de la HRCP, « le fait que cette mineure soit maintenue en prison, en dépit des nouveaux éléments prouvant son innocence, est une parodie de justice. Il en va de la responsabilité du gouvernement d’assurer sa sécurité et celle de sa famille, ainsi que de faciliter leur retour à leur domicile. Les déclarations des autorités selon lesquelles elle reste en détention pour sa propre sécurité met en avant leur refus d’assumer leurs responsabilités. »

Au cours des dernières semaines, la détention de Rishma Masih pour blasphème a provoqué de nombreuses protestations, tant au Pakistan qu’à l’étranger. Après deux semaines d’importante couverture médiatique, l’arrestation le 2 septembre d’un imam du voisinage, suspecté d’avoir placé les pages brûlées du Coran dans le sac de Rishma, est présentée comme un tournant dans cette affaire. Ces nouvelles preuves portent à croire qu’elle sera acquittée et libérée à la suite de l’audience du 7 septembre.

Si la FIDH et la HRCP n’accepteraient pas que le religieux soit jugé pour violation de la loi sur le blasphème, les lois relatives à une fausse accusation doivent par contre être appliquées. On peut également espérer que le procès de l’imam dissuadera à l’avenir toute utilisation malveillante de cette loi défectueuse.

Pour Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH, « le cas de Rimsha met une fois de plus en avant le caractère infâme de la loi sur le blasphème, qui viole ouvertement tous les textes internationaux en matière des droits de l’Homme, et devrait être immédiatement abrogée. La FIDH se félicite en revanche des réactions internationales réaffirmant que l’existence même du crime pour blasphème s’oppose aux libertés fondamentales ».

Depuis 1988, des milliers de plaintes ont été déposées au Pakistan pour profanation du Coran et blasphème contre le prophète Mahomet. Plusieurs centaines d’entre elles ont abouti à une condamnation, dont douze à la peine capitale. La loi sur le blasphème est généralement utilisée contre les minorités religieuses, notamment les chrétiens, les ahmadis et les hindous. En janvier et mars 2011, des opposants à cette loi, dont l’ex-gouverneur du Pendjab, Salman Taseer, et le Ministre des minorités religieuses, Shahbaz Bhatti, ont été assassinés à Lahore et Islamabad. Un projet de loi a été examiné par une commission parlementaire, puis retiré en février 2011 sous la pression de groupes religieux et de partis politiques d’opposition. Asia Bibi, condamnée à mort en novembre 2010 pour insulte au prophète Mahomet et dont le cas a également soulevé de nombreuses protestations internationales, est toujours détenue à ce jour.

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