Union Européenne/Birmanie : Il faut prendre en compte la société civile !

15/10/2013
Communiqué
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L’Union européenne (UE) doit refléter ses engagements en faveur la société civile dans le cadre de sa politique d’engagement en Birmanie, a déclaré une alliance d’organisations de défense des droits humains avant le lancement du groupe de travail commun entre la Birmanie et l’UE (EU-Myanmar Joint Task Force). Dans une lettre adressée aujourd’hui à Catherine Ashton, les organisations exhortent la Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères « à veiller à ce qu’une véritable participation de la société civile soit garantie dans tous les domaines de compétence du groupe de travail  ».

La politique de l’UE à l’égard de la Birmanie confirme attacher « beaucoup d’importance à la participation de la société civile à la mise en place des institutions qui seront nécessaires à une démocratie moderne et ouverte à tous ». À cette fin, l’UE souhaite « recourir à l’aide des ONG locales et étrangères, dans la mesure du possible » et soutenir les interactions entre l’État et la société civile.

Ces engagements n’ont pour l’instant pas été respectés. Des échanges avec les ONGs et les activistes en Birmanie laissent à penser que l’UE n’a en effet pas réussi à tenir informer la population birmane quant à ses politiques et ses projets, ni à l’impliquer comme il se doit.

« Alors que l’argent des bailleurs inonde le pays, l’UE devrait reconnaitre que sa valeur ajoutée n’est pas seulement d’apporter des financements supplémentaires, mais plutôt de faire participer, d’accompagner et de soutenir politiquement l’existence d’une société civile indépendante et vibrante », indique la lettre adressée à Catherine Ashton.

« Actuellement, l’UE cherche à normaliser avant tout ses relations avec le gouvernement birman, en dépit de ses engagements pris envers la société civile. Cette perception, à tort ou à raison, décrédibilise les politiques européennes dans le pays, maintient la société civile en dehors des processus politiques pour finalement affaiblir ses chances d’évolution vers une transition démocratique » précisent les organisations avant de conclure, « le groupe de travail conjoint entre la Birmanie et l’UE constitue une formidable opportunité pour réajuster l’approche verticale de l’UE ».

La réunion inaugurale du groupe de travail commun entre la Birmanie et l’Union européenne se tiendra à Rangoun et Naypyidaw en novembre prochain, en présence de Catherine Ashton, Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangère, du Commissaire Andris Piebalgs, de Dacian Ciolos, et du représentant de l’UE pour les droits de l’homme, Stavros Lambrinidis.

Les organisations signataires de la lettre sont basées en Europe, et travaillent étroitement avec la société civile birmane pour s’assurer que les politiques européennes concernant la Birmanie se basent sur les préoccupations des populations locales et assurent la promotion de la démocratie et des droits de l’homme.

Cliquez ici pour lire la lettre adressée à Catherine Ashton et pour voir la liste des organisations signataires

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