Les dirigeants participant au sommet Asie-Europe doivent exprimer leurs inquiétudes sur la situation des droits humains

31/10/2012
Communiqué
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Les dirigeants européens et asiatiques participant au sommet des chefs d’Etats et de gouvernements (ASEM9), à Vientiane, la semaine prochaine, doivent exprimer leurs inquiétudes face aux violations persistantes des droits humains au Laos, ont déclaré la FIDH et son organisation membre le Mouvement lao pour les droits de l’Homme (MLDH). La FIDH et le MLDH ont publié aujourd’hui une note de 16 pages à l’occasion de l’ASEM9.

Le Laos a ratifié un nombre important de traités de droits de l’Homme, ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, mais persiste à violer certaines clauses de ces traités. La note préparée par la FIDH et le MLDH soulève une douzaine de cas de violations des libertés d’expression, d’assemblée, d’association, de religion et des droits des minorités ethniques.

« Les violations des droits à la terre et au logement continuent d’augmenter. Dernièrement, plusieurs familles d’une petite île du Mékong à Vientiane ont été expulsées pour faciliter la construction de maisons par une compagnie chinoise, dans le but de loger les dignitaires étrangers participant au sommet. Près de 300 familles seraient concernées », ont déclaré la FIDH et le MLDH. Le 9e Sommet aura lieu les 5 et 6 novembre et réunira de hauts représentants de 46 pays d’Asie et d’Europe [1], ainsi que de la Commission européenne et du Secrétariat de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).

« Les dirigeants du monde ne devraient pas se contenter de venir au Laos pour de simples discussions, dissimulés derrière les murs de leur hôtel, puis repartir. Les violations des droits humains au Laos ont trop longtemps été ignorées par la communauté internationale, et le sommet de l’ASEM est une opportunité unique pour les dirigeants mondiaux de demander aux autorités laotiennes de prendre des mesures concrètes pour améliorer leur bilan en termes de respect des droits humains, et de libérer tous ceux qui ont été emprisonnés pour avoir exercé leurs libertés fondamentales », a déclaré Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH.
La FIDH et le MLDH s’inquiètent des arrestations arbitraires et des disparitions forcées de dissidents et de manifestants pacifiques, ainsi que des 17 cas mentionnés dans la note. Le sort des quatre manifestants arrêtés en octobre 1999 est toujours inconnu. Le gouvernement laotien a affirmé à une délégation du parlement européen, en visite en 2007, que ces prisonniers avaient été libérés en 2006. Cependant, les familles ont confirmé qu’ils n’étaient pas rentrés chez eux. Les autorités ont refusé la demande de la délégation de rencontrer ces prisonniers.

De même, neuf personnes en route vers Vientiane pour participer à une manifestation pacifique, ont été arrêtés en novembre 2009. Le gouvernement nie les avoir arrêtés. Le cas de Madame Kingkeo, l’une des neuf personnes arrêtées, a été soumis au Groupe de travail des Nations-Unies sur les arrestations arbitraires, qui, à son tour, a transféré le cas au Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires, après que le gouvernement avait nié l’avoir arrêtée.

La FIDH et le MLDH sont aussi très inquiets à propos de la situation des 4700 Hmongs rapatriés de force au Laos par les autorités thaïs fin 2009, ainsi que les 158 d’entre eux qui, d’après le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (UNHCH), auraient obtenu le statut de réfugié avant d’être renvoyés au Laos. Le rapport sur les droits de l’Homme de l’Union européenne, publié en septembre 2011, établit que ces 158 cas ont été résolus en 2010 par « leur transfert discret vers des pays d’accueil ». Le MLDH et la FIDH n’ont reçu aucun rapport indiquant que l’Union européenne ait reçu des preuves crédibles validant cette affirmation.

« Tous les Etats européens et asiatiques, particulièrement les pays donateurs, doivent placer les droits humains au cœur de leurs relations bilatérales avec le Laos et utiliser tous les instruments économiques et politiques à leur disposition pour améliorer la situation des droits humains au Laos, » a déclaré Vanida Thephsouvah, présidente du MLDH. « Ces pays devraient au minimum s’assurer que leurs accords commerciaux, leurs investissements et l’aide au développement accordée au Laos, soient en accord avec les standards internationaux des droits humains, et que les garanties soient suffisamment solides pour anticiper, éviter et corriger d’éventuels impacts sur les droits humains », a ajouté Mme Thephsouvah.

Pour télécharger la note sur la situation des droits humains au Laos : cliquez ici.

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