Nous déposons une plainte auprès de l’UNWGEID au nom de Mir Hossein Moussavi & Mehdi Karroubi

02/03/2011
Communiqué
en fa fr

2 mars 2011 - La Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) et la Ligue iranienne de défense des droits de l’homme (LDDHI) mettent sérieusement en garde les autorités iraniennes contre les conséquences de la disparition de quatre dirigeants d’opposition, les anciens candidats présidentiels MM. Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karroubi ainsi que leurs épouses Mmes Zahra Rahnavard et Fatemeh Karroubi. La FIDH et la LDDHI prennent actuellement les mesures nécessaires afin de déposer une plainte en leur nom auprès du Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées et involontaires (UNWGEID).

Aujourd’hui, deux hauts représentants de la Justice, Gholamhossein Mohseni Ejeie, Procureur général et Porte-parole du pouvoir judiciaire, et Abbas Jafari Dolatabadi, Procureur de Téhéran, ont démenti l’arrestation de ces quatre dirigeants d’opposition et ont tous deux affirmé qu’ils se trouvaient encore à leur domicile. En revanche, les enfants de M. Moussavi and Mme Rahnavard, ainsi que le fils de M. et Mme Karroubi, ont déclaré que plusieurs dizaines d’agents de sécurité avaient enlevé leurs parents à leur domicile lundi 28 février 2011 pour les emmener dans un lieu inconnu. D’après des rapports officieux, ils auraient été emmenés dans une prison contrôlée par les Gardiens de la Révolution Islamique. Les enfants de M. Moussavi sont sans contact avec leurs parents depuis le 16 février – peu après les manifestations du 14 février – date depuis laquelle on a perdu tout contact avec eux. En outre, d’après le fils de M. Karroubi, près de 30 agents de sécurité ont fait irruption au domicile des Karroubi le 28 février et les ont enlevés. L’un de leurs fils a également été arrêté et serait à la prison d’Evin. Depuis le 28 février, on est sans nouvelles de M. et Mme Karroubi.

Mardi 1er mars 2011, des centaines de milliers d’Iraniens ont manifesté dans plusieurs villes, à Téhéran, la capitale, ainsi qu’à Mechhed, Ispahan, Tabriz et Rasht notamment, contre la poursuite de la répression et les violations des droits fondamentaux : liberté de réunion, d’association et d’expression. Ils ont appelé à la fin de la dictature et ont exigé la remise en liberté des quatre dirigeants d’opposition. Le gouvernement, encore une fois, a réagi en lâchant les forces officielles de sécurité : police, brigades anti-émeutes, gardiens de la révolution ainsi que membres en civil de la milice des Bassidjis, qui ont eu recours à des tirs à balles réelles, à des gaz lacrymogènes, à des paintballs, ont chargé les manifestants à la matraque et leur ont tiré dessus, blessant nombre d’entre eux. Plusieurs centaines de personnes auraient été arrêtées dans plusieurs villes.

Le Vice-président de la FIDH et le Président de la Ligue iranienne de défense des droits de l’homme, Karim Lahidji, a déclaré : "Le domicile des quatre dirigeants d’opposition a été encerclé par les forces de sécurité ; tous leurs contacts étaient sous surveillance depuis plusieurs mois. Ils n’ont toujours pas réapparu. Cette affaire constitue un exemple manifeste de disparition forcée ou involontaire. Les autorités iraniennes sont responsables de la sécurité de ces quatre personnes. En leur nom, nous alertons le Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées et involontaires et déposons une plainte auprès de celui-ci."

“La répression actuelle extrêmement brutale ainsi que les disparitions dont font actuellement l’objet les manifestants pacifiques en République Islamique d’Iran devraient convaincre la communauté internationale de voter en Conseil des Droits de l’Homme une résolution vigoureuse qui prévoie la nomination d’un rapporteur spécial sur les droits de l’homme en Iran.”

“Nous avons également bon espoir que l’Union Européenne réagisse à la liste des auteurs de violations des droits de l’homme que nous lui avons soumise mi-février 2011, en gelant les avoirs de ceux-ci, en leur refusant les visas et en renouvelant son interdiction aux responsables européens d’effectuer des visites en Iran.”

Contacts presse :
Karine Appy/Arthur Manet : + 33 1 43 55 14 12 / + 33 1 43 55 9 0 19

Lire la suite
communique