Bangladesh : le gouvernement doit mettre un terme aux violations des droits humains et à l’impunité

09/12/2022
Déclaration
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Mamunur Rashid/NurPhoto STR / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Kuala Lumpur/Hong Kong/Manille/Bangkok/Paris/Dhaka/Genève/Johannesbur/Washington, 9 décembre 2022. Les organisations de défense des droits humains signataires rendent hommage à toutes les victimes de violations des droits humains et expriment leur solidarité avec les familles de ces victimes au Bangladesh et dans le monde entier. Cette année, le slogan de la Journée internationale des droits de l’homme est « Dignité, liberté et justice pour tous ».

La Journée internationale des droits de l’homme 2022 est sous le feu des projecteurs à un moment où la situation des droits humains ne cesse de se dégrader au Bangladesh. L’absence d’institutions efficaces visant à empêcher l’intolérance politique, les pratiques antidémocratiques et les violations des droits humains a contribué à mettre en place un système gangréné par l’impunité. Le gouvernement autoritaire actuel empêche la population de bénéficier des bienfaits d’une bonne gouvernance et d’une bonne administration de la justice, du fait de la politisation de plusieurs institutions publiques, notamment du pouvoir judiciaire et de la Commission électorale. Il a sévèrement réprimé les droits civils et politiques, notamment les droits à la liberté d’expression, à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association.

Le Bangladesh est partie à huit traités internationaux majeurs, dont le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Convention des Nations unies contre la torture, et a ratifié le Statut de Rome de la Cour pénale internationale. Le gouvernement persiste, malgré tout, à ne pas respecter ses obligations découlant de ces traités. De graves violations des droits humains, notamment des cas de disparitions forcées, d’exécutions extrajudiciaires et de torture, sont aujourd’hui encore perpétrées au Bangladesh. Le gouvernement persiste à nier l’occurrence de disparitions forcées et n’a pas encore ratifié la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. Les membres des forces de l’ordre et des forces de sécurité bénéficient de l’impunité car le gouvernement en place les utilise pour mettre en œuvre son programme politique.

Malgré les vives critiques dont il fait l’objet au niveau international, le gouvernement a intensifié la répression à l’encontre des organisations de la société civile et des défenseur·es des droits humains et a accéléré la fermeture de l’espace civique. Pour preuve, le harcèlement visant les organisations de défense des droits humains, telle que Odhikar. Il élimine également les voix dissidentes en exécutant des lois répressives, comme la loi sur la sécurité digitale, et en intentant des actions pénales, notamment sur des accusations de sédition et de diffamation. Par ailleurs, les membres du parti au pouvoir de la Ligue Awami et des forces de police ont à plusieurs reprises attaqué et bloqué les rassemblements pacifiques des partis politiques et des dissident·es de l’opposition. Les membres du parti de la Ligue ont intenté des actions à partir de fausses déclarations et reposant sur des motifs politiques à l’encontre de nombreux·ses dirigeant·es et militant·es du parti de l’opposition. Ces derniers ont également été victimes de perquisitions et d’arrestations arbitraires par les forces de l’ordre. Des journalistes et des organes de presse sont la cible de nombreuses formes de répression, notamment des actions en justice fréquentes, des actes de harcèlement et de graves agressions physiques, voire, dans certains cas, des homicides avec violence. La censure, les menaces, l’intimidation et la persécution visant les organes de presse sont monnaie courante. On déplore également des agressions perpétrées à l’encontre de journalistes qui travaillent pour des médias indépendants.

À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme 2022, nos organisations appellent à mettre un terme à l’autoritarisme et à respecter les principes démocratiques, les droits humains, la dignité humaine et la justice sociale au Bangladesh. Nous exhortons les mécanismes de suivi des droits de l’homme des Nations unies à faire pression sur les autorités bangladaises afin qu’elles établissent la responsabilité des auteur·es de ces violences. Nous appelons le gouvernement du Bangladesh à créer un mécanisme indépendant, spécialisé qui travaillera en étroite collaboration avec les familles des victimes et la société civile, comme l’a recommandé la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, en vue d’enquêter sur toutes les allégations de violations graves des droits humains et d’obliger les auteur·es de crimes à répondre de leurs actes.

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