Equateur : la FIDH et ses organisations membres exigent la fin immédiate de l’état d’urgence

21/06/2022
Communiqué
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Veronica Lombeida / AFP

Le 17 juin 2022, le Président d’Équateur Guillermo Lasso a décrété l’état d’urgence dans les provinces de Pichincha (Quito), Cotopaxi et Imbabura, au motif de troubles à l’ordre public attribués à la grève nationale indigène. Cette décision s’est accompagnée d’un mandat de perquisition de la Casa de la Cultura à Quito, émis par le Bureau du Procureur quelques heures avant l’arrivée des manifestant·es faisant halte dans cette ville.

La grève nationale a démarré le 13 juin 2022 avec le soutien des principales organisations sociales équatoriennes. Elle est une réaction à la situation critique dans le pays, générée par :
- l’augmentation générale du coût de la vie ;
- la progression des zones d’activités extractives et leurs conséquences socio-environnementales ;
- la violation des droits collectifs des personnes et communautés autochtones ;
- l’insécurité du travail ;
- la menace de privatisation de biens et de services publics ;
- le manque de respect pour la production paysanne ;
- l’abandon des secteurs de la santé et de l’éducation ;
- et des graves niveaux de violence.

La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et ses organisations membres dénoncent la déclaration de l’état d’urgence qui cherche à entraver le droit des peuples indigènes à exprimer leurs revendications et à manifester. Ce phénomène s’est amplifié par la criminalisation du leader indigène Leonidas Iza et par la perquisition de la Casa de la Cultura, au faux prétexte de saisir des explosifs (qui n’ont pas été trouvés) et avec l’objectif de militariser un espace qui accueille historiquement la population indigène de visite à Quito.

C’est pourquoi nous demandons au gouvernement et la Cour constitutionnelle pour mettre un terme à l’état d’urgence, qui a conduit à 39 violations des droits humains et 79 arrestations. Dans ce contexte, une personne est décédée et 55 ont été blessées d’après la Alianza de Organizaciones por los Derechos Humanos.

L’état d’urgence annoncé par les décrets 455 et 459, et élargi aux provinces de Chimborazo, Pastaza et Tungurahua, met en danger les droits socio-politiques, économiques et culturels de toute la population en limitant son droit à la liberté d’association et de réunion. De plus, ce décret, autorise la mobilisation et la participation des forces armées pour rétablir l’ordre public, ainsi que la possibilité de mener des perquisitions de biens ou de services, comme dans le cas de la Casa de la Cultura.

La FIDH et ses organisations membres sont extrêmement préoccupées par la violence disproportionnée qui peut être exercée à l’encontre des peuples indigènes qui marchent vers Quito. Nous appelons à ne pas exercer de violence contre eux et à ouvrir un espace de dialogue égalitaire qui prenne en compte les revendications des organisations et des mouvements sociaux.

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