Première mine à ciel ouvert en Amazonie équatorienne : la FIDH réclame la suspension du projet

Le 5 mars dernier, le gouvernement équatorien signait un contrat avec l’entreprise minière EcuaCorriente (ECSA), ouvrant la voie à l’exploitation minière à grande échelle, jusqu’ici inexistante en Équateur. Le 22 mars prochain, des autochtones, paysans, femmes, étudiants et travailleurs arriveront à Quito au terme d’une marche de plus de deux semaines pour exiger le respect de leurs droits et protester contre le développement minier à grande échelle en Equateur.

ECSA est une filiale de Corriente Resources, entreprise minière domiciliée au Canada, détenue par des capitaux canadiens entre 1983 et 2010 et désormais filiale de la joint venture China Railway Construction Corporation et Tongling Nonferrous Metals Group Co. Ltd (deuxième producteur de cuivre chinois). La signature du contrat permettra à ECSA d’exploiter le cuivre dans la cordillère du Condor en Amazonie équatorienne pour un investissement estimé à plus de 1,7 milliard de dollars US. Le principal projet d’exploitation, le projet Mirador, est localisé dans la province de Zamora Chinchipe.

En 2010, la FIDH et ses organisations membres en Equateur (CEDHU, CDES et INREDH) avaient dénoncé les impacts avérés et potentiels du projet sur les droits des communautés locales [1]. Elles avaient en outre dénoncé les agissements de l’Etat et de l’entreprise visant à intimider les membres des communautés affectées s’opposant aux projets d’exploitation, y compris des actes violents de la part des forces de sécurité. Elles avaient également déploré l’absence de consultation adéquate des communautés, en particulier des communautés autochtones Shuar concernées, l’absence de contrôle étatique dans le processus d’approbation des projets, ainsi que les risques environnementaux liés aux projets et leurs conséquences possibles sur les communautés locales et autochtones.

La FIDH et ses organisations membres en Equateur appellent le gouvernement équatorien à suspendre la mise en œuvre du contrat dans l’attente d’une solution satisfaisante pour les communautés affectées, tout en respectant leur droit à la consultation préalable, libre et informée garanti par la Constitution équatorienne. Dans un contexte préoccupant de criminalisation de la protestation sociale, la FIDH et ses organisations membres en Equateur demandent instamment au gouvernement équatorien de s’abstenir de toute action pouvant porter atteinte à la liberté d’expression des manifestants.

A l’aube du sommet de Rio + 20, la FIDH et ses organisations membres rappellent qu’il est impératif que toute politique de développement économique s’inscrive dans le respect des droits humains et de l’environnement et tienne compte des individus, en particulier des plus vulnérables. La FIDH appelle également les gouvernements chinois et canadien à respecter leur obligation de protéger les droits de l’Homme, et à agir afin que les entreprises transnationales enregistrées sour leur juridiction et opérant à l’étranger ne commettent aucune violation des droits humains. En ce sens, les autorités chinoises et canadiennes doivent, notamment de par leurs relations diplomatiques exiger la suspension des opérations des entreprises impliquées dans le projet Mirador.

EcuaCorriente a, quant à elle, la responsabilité de prendre toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que ses opérations respectent la Constitution équatorienne et ne porteront pas atteinte à l’environnement ou aux droits des populations concernées.

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