Que la Colombie coopère enfin avec la justice européenne !

20/03/2012
Communiqué

Lors d’une conférence de presse sur les opérations illégales menées par les services de renseignement de Colombie (DAS) Isabelle Durant, Vice-présidente du Parlement européen, a demandé que la Colombie coopère avec la justice belge et lui permette enfin de mener à bien les enquêtes relatives aux opérations illégales du DAS sur le territoire belge.

"Dans le traité de libre-échange entre l’UE et la Colombie, que le Parlement européen et les parlements nationaux sont appelés à ratifier dans les mois qui viennent, la question des droits humains est présentée comme un élément essentiel". "Pourtant, poursuit Mme Durant, les autorités colombiennes n’ont pas répondu à la demande de commission rogatoire de la justice belge, qui a été envoyée en juin 2011, alors qu’une réponse significative a court terme serait la démonstration d’une volonté de changement et de transparence."

En effet, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme, Broederlijk Delen, Oxfam-Solidarité, CNCD-11.11.11, Oidhaco, CIFCA et certaines victimes d’espionnage par les services secrets colombiens (Département Administratif de Sécurité, DAS) ont déposé plainte en octobre 2010 auprès de la justice belge. Ces organisations ainsi que des individus qui travaillent ou ont travaillé pour elles, ont été victimes de menaces, ainsi que d’écoutes téléphoniques, d’interceptions de courriers, de cambriolage en vue de soustraire des fichiers informatiques. Elles estiment que ces actions sont constitutives de diffamation, d’espionnage et d’intimidation et entravent le bon fonctionnement de la démocratie en Colombie et en Europe. Par exemple, des courriers internes de la Coordination Belge pour la Colombie ont été interceptés, falsifiés et ces versions falsifiées ont été filtrées à la presse, des mails de diverses ONG européennes et même d’un collaborateur du Parlement européen ont été interceptés. C’est dans ce contexte que le juge d’instruction belge a envoyé une demande de Commission Rogatoire au gouvernement colombien.

Pour la FIDH, il est essentiel que des progrès dans le domaine des droits humains, et la fin de l’impunité dans des dossiers essentiels comme celui du DAS, interviennent. Elle a demandé aux parlementaires européens de saisir l’opportunité de l’approbation du TLC avec la Colombie pour demander à ce pays de satisfaire une série de conditions en matière de respect des droits de l’homme. Les autorités colombiennes doivent poser des actes afin que la clause des droits de l’homme qui figure dans ce traité soit plus qu’un engagement de façade. Celle actuellement en vigueur qui accompagne les facilités SPG+ n’a jamais été activée par l’Union européenne au cours des années où des violations systématiques ont eu lieu.

L’avocat colombien Luis Guillermo Perez, qui a participé par skype à la conférence de presse, a insisté sur les preuves confirmant les persécutions des défenseurs des droits humains en Colombie et en Europe et leur impunité. Il a également confirmé que les écoutes téléphoniques continuent de nos jours et au delà du discours, la situation des droits humains ne s’améliore pas.

Pour maître Olivia Venet, avocat des particuliers et des organisations belges et européennes victimes du DAS, si les autorités colombiennes coopéraient avec la justice européenne, ce serait un premier pas positif dans la bonne direction.

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