Centrafrique : Face à la violence, le Conseil de sécurité des Nations unies doit agir

Alors que s’ouvre le 17 septembre prochain la 68ème Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) à New York, la FIDH appelle la communauté internationale, et particulièrement les États membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies à agir pour une rapide sécurisation du pays, urgente nécessité pour le respect des droits de l’Homme en République centrafricaine.

Le 14 août dernier, lors de consultations sur la RCA, le Conseil de sécurité des Nations unies s’est dit prêt à étudier toutes les options possibles pour mettre fin à la crise que connaît actuellement le pays. Une réunion internationale sur la situation en RCA pourrait également se tenir fin septembre, en marge de la 68ème Assemblée générale des Nations unies.

La FIDH salue cette initiative des Nations unies en vue d’une solution à la crise en RCA et appelle l’organisation à intensifier ses efforts afin de soutenir la mise en place de la Mission internationale de soutien en Centrafrique (MISCA), sous l’égide de l’Union africaine et de la Communauté des États d’Afrique centrale (CEEAC).

Ce vendredi 23 août 2013, le Président de la République française a convié six organisations non gouvernementales (ONG) engagées en RCA , dont la FIDH, à une réunion sur la situation prévalant dans ce pays. Cette rencontre a été l’occasion de dresser un état des lieux politique, des droits de l’Homme et humanitaire de la crise en cours, ainsi que d’adresser des recommandations précises devant permettre une action internationale concertée en faveur d’une résolution de cette crise.

La FIDH a de nouveau exprimé ses vives préoccupations quant au niveau d’insécurité et de violation des droits de l’Homme atteint dans le pays. Depuis la mission internationale d’enquête de la FIDH menée du 04 au 13 juillet dernier, aucune amélioration notable du sort des populations civiles n’a été observée : meurtres, viols, pillages, racket et toutes sortes d’exactions continuent d’être commis en toute impunité, tant à Bangui qu’en province. La justice centrafricaine reste défaillante et l’État est encore dans l’incapacité d’assurer la protection des populations, comme l’ont confirmé les rapports de Mme Valérie Amos, Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, du Général Babacar Gaye, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RCA et de M. Ivan Šimonović, Sous-secrétaire général aux droits de l’Homme, présentés le 14 août 2013.

« La protection des civils doit être au cœur de toute action internationale en faveur d’une résolution de la crise centrafricaine, c’est pourquoi il est urgent de permettre la sécurisation du pays », a déclaré Me Karim Lahidji, président de la FIDH. « La lutte contre l’impunité doit être une priorité du processus politique en RCA, au risque de replonger dans la violence », a-t-il ajouté.

Répondant à l’exposé des ONG, le Président de la République française a exprimé « la profonde préoccupation de la France face à la situation très dégradée en RCA » et a affirmé « la nécessité absolue de rétablir la sécurité afin de permettre la mise en place d’un processus politique sur la base des accords de Libreville et N’Djaména ». Le président français a également marqué son soutien aux initiatives de l’Union africaine et de la CEEAC, tout en plaidant pour un engagement plus fort des Nations unies en faveur d’une solution à la crise.

La FIDH appelle les Nations unies et particulièrement son Conseil de sécurité à soutenir la mise en place de la MISCA dont le mandat et le budget doivent garantir une véritable protection des civils sur l’ensemble du territoire. La FIDH appelle le Conseil de sécurité à permettre le déploiement d’observateurs des droits de l’Homme afin de s’assurer de l’accomplissement du mandat de cette force conformément au droit international des droits de l’Homme.

« Il ne peut y avoir de solution durable à la crise que traverse la RCA sans qu’une véritable lutte contre l’impunité soit menée », a déclaré Me Sidiki Kaba, président d’honneur de la FIDH. « Dans ce combat en faveur de l’État de droit, la justice centrafricaine a un rôle central à jouer et doit être soutenue par l’action de la justice internationale », a-t-il ajouté.

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