Mali : le mandat de la MINUSMA renouvelé

08/07/2015
Communiqué
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La FIDH et son organisation membre l’AMDH, se félicitent du renouvellement par le Conseil de sécurité du mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) jusqu’au 30 juin 2016.

La résolution 2227, adoptée à l’unanimité par le Conseil de Sécurité, recentre le mandat de la MINUSMA sur la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation issu du processus d’Alger, signé par toutes les parties entre le 15 mai et le 20 juin 2015, tout en lui conservant une mission importante de protection des civils en danger et de documentation des violations graves des droits de l’Homme.

« Les prochains mois sont cruciaux pour consolider les bases d’une paix durable et le rétablissement de l’Etat de droit au Mali. Dans ce contexte, la communauté internationale doit produire, le plus rapidement possible, les efforts nécessaires pour financer et accompagner la mise en œuvre de l’Accord de paix. En outre, la réussite de ce projet national ne sera possible qu’avec l’implication effective de toutes les forces vives de la nation y compris la société civile malienne dans le processus de mise en œuvre », a déclaré Karim Lahidji, Président de la FIDH.

La FIDH et l’AMDH se réjouissent à cet égard que la résolution prenne en compte un nombre important de leurs recommandations et notamment la nécessité de déployer des personnels spécialisés dans la protection des enfants et des femmes, et de répondre aux besoins des victimes de violences sexuelles et sexistes liées au conflit.

La résolution prévoit également pour la prochaine année une augmentation substantielle du nombre de casques bleus et des moyens matériels afin de mieux répondre aux exigences de sécurisation inhérentes au contexte asymétrique complexe du Mali où le nord du pays en particulier, continue d’être la cible des groupes armés.

Nos organisations avaient appelé la communauté internationale à fournir des efforts supplémentaires en terme de renforcement des capacités de la mission et accueillent donc favorablement la décision du Conseil de Sécurité de permettre le déploiement de troupes supplémentaires ainsi que de 40 observateurs militaires chargés de surveiller et de superviser le cessez-le-feu sur l’ensemble du territoire.

La FIDH et l’AMDH se félicitent enfin que dans le contexte sensible du retour à la paix, le Conseil de Sécurité n’ait pas perdu de vue l’impérative nécessité pour les autorités maliennes de poursuivre et sanctionner les responsables des violations graves des droits de l’Homme sur le territoire national mais également de coopérer avec la Cour pénale internationale (CPI).

« Conformément à la résolution 2227, il faut maintenant en finir avec les remises en liberté d’auteurs présumés de crimes de droit international ou toute autre mesure contraire à l’accord de paix particulièrement son article 46 qui exclut toute mesure d’amnistie. Le Comité de suivi de l’Accord d’Alger a un rôle prépondérant à jouer à cet égard pour expliquer que la lutte contre l’impunité est un élément essentiel de la restauration d’une paix durable et que les auteurs des crimes commis devront rendre des comptes à la justice, quelle que soit leur position actuelle ou future. », a rappelé Me Moctar MARIKO Président de l’AMDH.

L’Accord d’Alger, signé par la partie gouvernementale, la plateforme, la CPA et l’équipe de la médiation internationale le 15 mai et par la CMA le 20 juin 2015, doit mettre fin à 4 ans de conflit au Nord du Mali opposant des groupes armés indépendantistes et djihadistes aux forces gouvernementales. Malgré la présence d’une mission des Nations unies et des forces internationales, l’insécurité et les affrontements entre belligérants ont fait plus de 150 morts depuis le début de l’année 2015 au Nord du pays selon la FIDH et l’AMDH. L’adoption de la résolution 2227 intervient alors que, depuis le mois de mars, se multiplient des attaques terroristes au sud du pays jusqu’à lors épargné par les violences.

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