Cameroun : les manifestations contre la hausse des prix tournent au drame La violence policière n’est pas la réponse

28/02/2008
Communiqué

La FIDH et son organisation membre, la Maison des droits de l’Homme au Cameroun (MDHC), sont préoccupées par la tournure que prennent les manifestations contre la hausse des prix et condamnent les violences policières ayant déjà entraîné la mort d’une dizaine de personnes et fait de nombreux blessés.

Depuis cinq jours, les manifestations qui se déroulent au Cameroun en soutien à la grève des chauffeurs de taxi contre la hausse du prix des carburants ont donné lieu à de nombreux débordements dans plusieurs villes du pays, où des individus ont profité de l’agitation pour commettre des pillages et se confronter à la police.

C’est dans ce contexte que les forces de sécurité sont intervenues violemment, en faisant un usage disproportionné de la force, notamment en tirant à balles réelles. Il s’agit là d’une violation des Principes de base des Nations unies sur le recours à l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois, de septembre 1990. Par ailleurs, les forces de sécurité et l’armée multiplient les contrôles d’identité qui, selon plusieurs sources concordantes, donnent lieu à des arrestations et détentions arbitraires.

La FIDH et la MDHC :

- Condamnent l’usage disproportionné de la force par les services de sécurité ;
- Appellent les manifestants à mettre un terme immédiat à toute forme de violence ;
- Appellent les autorités camerounaises à :

Respecter les dispositions de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui disposent que nul ne peut être arbitrairement privé de la vie et que nul ne peut faire l’objet d’une arrestation ou d’une détention arbitraire ;

Veiller à ce que soient engagées des poursuites judiciaires contre les membres des forces de l’ordre qui se seraient rendus coupables de violations des droits de l’Homme.

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