Bilan mitigé

La Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples, réunie à Pretoria en mai 2002, a lancé un appel pressant aux Etats africains afin qu’ils ratifient sans délai le Statut de la Cour pénale internationale (CPI) et le Protocole à la Charte africaine portant création d’une Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples.

Le Président de la FIDH, Sidiki Kaba, s’est félicité de cette prise de position de la Commission africaine : " l’engagement ferme des Etats africains en faveur de la Cour pénale internationale et de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples sera déterminant pour mettre fin à l’impunité qui perpétue les violations des droits de l’Homme en Afrique ".

En revanche, la FIDH fait part de sa profonde déception face à la décision de la Commission africaine de reporter à la prochaine session la question de la création d’un mécanisme de protection des défenseurs des droits de l’Homme. En Afrique, les ONG de défense des droits de l’Homme sont systématiquement qualifiées d’ennemis de l’Etat, d’opposants politiques qui visent à déstabiliser le pays. Les défenseurs des droits de l’Homme sont harcelés, arbitrairement poursuivis, arrêtés, détenus, au seul motif de leur engagement pacifique en faveur des libertés fondamentales. Des méthodes de répression multiples et sophistiquées sont utilisées par les Etats, et ce en contradiction avec la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998.

La FIDH, qui a évoqué cette question à maintes reprises dans le cadre de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la FIDH de l’OMCT, regrette que la Commission africaine n’ait pas saisi l’occasion de sa 31ème session, à laquelle elle avait pourtant invité la Représentante spéciale des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme, pour exprimer son soutien aux femmes et aux hommes qui défendent les droits des autres, trop souvent au péril de leur vie. C’est la sixième fois que la Commission repousse cette décision, ce qui témoigne sans ambiguïté d’un manque de volonté politique.

La Commission africaine dont la mission de promotion des droits de l’Homme implique un ferme soutien aux défenseurs, doit impérativement adopter un mécanisme de protection en leur faveur. Ces défenseurs sont en effet un maillon indispensable pour l’instauration de démocraties et d’Etats de droit en Afrique.

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