L’Union européenne et les Nations Unies condamnent les violations des droits de l’homme en Birmanie, en particulier dans l’État de Rakhine. L’ONU vote d’urgence une mission d’enquête

Le 22 mars 2017, lors de sa 34e session, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a décidé d’envoyer d’urgence une mission internationale indépendante, chargée d’« établir les faits et circonstances entourant les allégations de récentes violations des droits de l’homme par l’armée en Birmanie et, en particulier, dans l’État de Rakhine ». Ces allégations portent « notamment, mais pas seulement, sur la détention arbitraire, la torture et les traitements inhumains, le viol et autres formes de sévices sexuels, les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, les disparitions et déplacements forcés ainsi que la destruction illégale des biens ». Le but de cette initiative est de s’assurer que « les exactions commises seront imputées à leurs auteurs et que justice sera faite pour les victimes  ». À cet égard, l’ONU a prolongé d’une année le mandat du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme.

La FIDH, son organisation membre Altsean-Birmanie et Wai Wai Nu, défenseure Rohingya des droits de l’homme et fondatrice de l’ONG Women’s Peace Network - Arakan, ont témoigné des violences perpétrées dans l’État de Rakhine lors d’une rencontre, en mars dernier, avec des hauts responsables européens. En outre, la FIDH, ses organisations membres Altsean-Birmanie et Odhikar, ainsi que dix autres organisations majeures soutiennent, par une lettre au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, la résolution mettant en place une commission d’enquête ou tout mécanisme international équivalent chargés de déterminer les faits, d’identifier les auteurs présumés des exactions et de formuler des recommandations pour la réparation appropriée des victimes de graves violations des droits de l’homme à Rakhine. De son côté, l’Union européenne a fortement appuyé l’adoption de cette résolution. Le Parlement européen exhorte, par ailleurs, « l’armée à cesser immédiatement les meurtres, le harcèlement, les viols et les incendies des maisons dont sont victimes les Rohingyas ; demande au gouvernement et aux autorités civiles de la Birmanie de mettre immédiatement un terme à la discrimination et à la ségrégation contre la minorité Rohingya ; demande que les droits des Rohingyas soient protégés et que la sécurité, la sûreté et l’égalité de tous les citoyens de la Birmanie soient garanties ; souligne la nécessité de traduire en justice les responsables et d’offrir aux victimes des violations des voies de recours appropriées ; invite le gouvernement de la Birmanie à poursuivre le processus de démocratisation et à respecter l’état de droit, la liberté d’expression et les droits fondamentaux ; demande à l’Union européenne et à ses États membres de soutenir le renouvellement du mandat du Rapporteur spécial pour la Birmanie ».

La résolution de l’ONU fait écho aux inquiétudes et au discours public de la FIDH sur les principes directeurs relatifs aux droits de l’homme et aux entreprises et encourage tant les entreprises transnationales que nationales «  à respecter les droits de l’homme conformément aux principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, engage le gouvernement de la Birmanie à honorer l’obligation qui lui incombe de protéger les droits de l’homme et invite les états d’origine des entreprises menant des activités en Birmanie à énoncer clairement qu’ils attendent de toutes les entreprises domiciliées sur leur territoire et/ou sous leur juridiction qu’elles respectent les droits de l’homme dans toutes leurs activités ».

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