La répression du Printemps Noir

31/03/2002
Rapport

Du 14 mars au 1er avril 2002, les affrontements entre
manifestants et forces de l’ordre dans les wilayates1 d’Aïn
Defla, de Saïda, de Béjaïa, de Bouira, de Sétif, de Khenchela
et de Tizi-Ouzou ont fait, en quinze jours, sept morts, dont
trois adolescents de moins de 18 ans, et des dizaines de
blessés dont certains ont été atteints par balles réelles et
seraient toujours dans un état grave.
Les forces de l’ordre ont procédé à des expéditions punitives,
saccageant commerces et voitures de particuliers, à des viols
de domiciles suivis d’actes de représailles sur des passants
en utilisant des armes blanches pour réprimer les jeunes
manifestants, plongeant ainsi des villages entiers dans une
sorte d’état d’exception et de couvre-feu où tout citoyen qui se
risque de nuit comme de jour dans les rues est passé à tabac
puis arrêté2.

Les forces de l’ordre ont procédé à des expéditions punitives,
saccageant commerces et voitures de particuliers, à des viols
de domiciles suivis d’actes de représailles sur des passants
en utilisant des armes blanches pour réprimer les jeunes
manifestants, plongeant ainsi des villages entiers dans une
sorte d’état d’exception et de couvre-feu où tout citoyen qui se
risque de nuit comme de jour dans les rues est passé à tabac
puis arrêté2.
En quinze jours d’affrontements, plus de trois cent cinquante
arrestations ont été opérées dont certaines sont ciblées et
arbitraires. Des arrestations ont été suivies de
condamnations à des peines allant de 4 mois à 2 ans
d’emprisonnement. Cette chasse aux manifestants s’est
déroulée sous forme de rafles nocturnes avec des hommes
armés et cagoulés à bord de voitures banalisées. La situation
risque de s’aggraver d’autant plus que 400 mandats d’arrêts
auraient été lancés3 contre des animateurs des comités de
villages4 des différentes localités de Tizi-Ouzou, Béjaïa,
Bouira et Sétif.
La révolte du Printemps Noir5, qui dure maintenant depuis avril
2001, est loin d’être cantonnée à la seule Kabylie puisqu’elle a
touché plus d’une vingtaine de départements à travers
l’Algérie6. Ces manifestations de rue ont fait à ce jour plus de
90 victimes7 dont plusieurs exécutions arbitraires, plus de
5000 blessés dont 200 handicapés à vie et des milliers
d’arrestations suivies de mauvais traitements, tortures et
détentions arbitraires. Parmi les victimes recensées à ce jour,
on compte 20 adolescents de moins de 18 ans, 43 victimes
entre 19 et 30 ans, 24 victimes entre 31 et 37 ans (dont 2
femmes) et 3 septuagénaires (dont 1 femme).

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