Cuba persiste : La FIDH appelle à la libération immédiate et inconditionnelle des 79 dissidents.

01/07/2003
Rapport

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) dénonce avec la plus grande fermeté la confirmation lundi 23 juin par le Tribunal Supérieur de Cuba de 50 des 79 condamnations prononcées en première instance contre des dissidents cubains, les 3 et 7 avril derniers.

Ces condamnations en première instance à des peines d’emprisonnement allant de 15 à 25 ans intervenaient à la suite de l’arrestation entre le 18 et le 26 mars 2003 de 79 dissidents poursuivis pour conspiration au titre de la loi 88 de protection de l’indépendance nationale et de l’économie à Cuba. (voir communiqué de presse de la FIDH en date du 8 avril dernier).
Nombre de détenus, ayant vu leurs peines confirmées, sont impliqués dans le projet Varela tandis que d’autres sont des journalistes et défenseurs des droits de l’Homme internationalement respectés
On peut notamment citer Marcelo Lopez et Marcelo Cano responsables actifs de la Commission cubaine des droits de l’Homme et de la réconciliation nationale (CCDHRN), organisation membre de la FIDH et les écrivains Raúl Rivero et Ricardo Gonzalez.
La FIDH est intervenue dans le cadre de son programme conjoint avec l’OMCT, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, pour dénoncer ces atteintes à la liberté d’action des défenseurs et à la liberté d’association.
Selon, Elizardo Sanchez, président de la CCDHRN les conditions de détention des opposants sont déplorables : « ils se trouvent dans des cellules d’isolement, infestées d’insectes et de rats, ils boivent de l’eau contaminée et mangent très mal. Ils sont incarcérés dans des prisons distantes de centaines de kilomètres de leurs domiciles »
La FIDH dénoncent les conditions de détention des opposants ainsi que ces procès qui se sont déroulés sans aucune garantie du droit à un procès juste et équitable en violation des règles élémentaires du droit international et qui ont abouti à des condamnations qui ne visent qu’à sanctionner l’exercice des libertés fondamentales et en premier lieu les libertés d’expression, d’opinion, et d’association et s’inscrivent en totale contradiction avec les normes et principes universellement reconnus de protection des droits de l’Homme.
Elle déplore également le silence des autorités cubaines suite à la réception par l’ambassadeur de Cuba à Paris, le 7 mai 2003 d’une délégation de la FIDH ayant présenté une demande d’autorisation d’effectuer une mission internationale d’enquête à Cuba afin de s’informer sur les conditions juridiques dans lesquelles se sont déroulés les procès à l’origine de la condamnation de 79 dissidents et sur les conditions de détention et de santé de ces derniers et ce en dépit d’une réitération de cette demande.

La FIDH se félicite que le groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations Unies, saisi d’une plainte de la FIDH sur la situation des 79 détenus ait adopté, le 9 mai 2003, une opinion considérant que leur détention est arbitraire, et appelé à leur libération immédiate.
La FIDH considèrent également opportune la résolution du Parlement Européen, en date du 10 avril dernier, dénonçant les 79 condamnations ainsi que la décision de l’Union européenne de réévaluer la position commune de l’UE concernant Cuba. Cette réévaluation devra, néanmoins, veiller à ne pas pénaliser une population civile déjà dans une situation précaire.
La FIDH réitère son appel aux autorités cubaines afin qu’elles procèdent à la libération inconditionnelle et immédiate des dissidents arrêtés et condamnés, et réitère sa demande d’autorisation d’envoi d’une mission internationale d’enquête.

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