Reconnaître l’interdépendance entre les droits humains et la protection environnementale

19/11/2019
Déclaration

La FIDH partage la conviction que les droits humains et la protection environnementale sont interdépendants. Un environnement sûr, propre, sain et durable est nécessaire à l’exercice des droits à la vie, l’alimentation, la santé, l’eau, le logement, l’emploi, la culture et les droits des populations autochtones ;

Il est extrêmement urgent d’envisager une politique solide et une action juste. Du Sahel, aux Caraïbes, à la Corne de l’Afrique, au Bassin amazonien, aux systèmes fluviaux d’Asie et à l’Océan Pacifique, il apparaît de plus en plus clairement que le changement climatique va accroître les risques de conflit et de violence comme souligné par le dernier rapport du Apporteur spécial sur pauvreté et droits humains ;

Nous sommes les témoins des menaces particulières auxquelles sont confrontés les défenseurs et les peuples indigènes, victimes de déplacements forcés et d’expropriations, des conflits et du terrorisme, des migrations, de la corruption et de la mauvaise gouvernance, du colonialisme et du néo colonialisme, de discrimination systématique et d’autres droits humains des plus vulnérables aux conséquences de la dégradation de l’environnement ;

Reconnaissant que la crise climatique constitue une menace pour un grand nombre des droits fondamentaux À cet égard, le Groupe intergouvernemental des Nations unies sur les changements climatiques (GIEC) a lancé une alerte concernant la biodiversité de la planète et les écosystèmes qui pâtiront durement des impacts du changement climatique, et l’augmentation des risques pour la santé, les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et l’approvisionnement en eau en raison du changement climatique (Rapport spécial d’évaluation 2018 du GIEC) ;

Rappelant le droit de chacun à être protégé contre les effets négatifs de l’impact sur l’environnement lié au changement climatique avec une attention particulière ;

Pourtant, pendant des décennies, les États se sont montrés réticents et incapables de protéger efficacement l’environnement et de réglementer les activités commerciales nuisibles. D’importantes insuffisances subsistent dans la mise en œuvre des instruments internationaux de droits de l’homme ;

Les entreprises et d’autres acteurs économiques ont contribué à la crise du climat par (1) des opérations qui tirent avantage de la crise du climat ; (2) des efforts pour camoufler le problème et répandre la désinformation, un marquage trompeur et du lobbying ; (3) des actions pour discréditer, intimider ou mettre en danger des scientifiques, des défenseurs des droits humains et d’autres militants dénonçant les causes et les impacts des activités commerciales sur les droits humains et environnementaux ; (4) leur refus de mettre un terme à des actions qui continuent à nuire à l’environnement, ou à prendre des mesures pour atténuer efficacement les impacts réels et potentiels ;

S’attaquer à cette crise exige une action urgente, importante et ambitieuse axée sur les droits humains.

Ce faisant, la FIDH est convaincue que l’introduction de considérations relatives aux droits humains dans les politiques environnementales et la responsabilisation des acteurs organisationnels qui y contribuent sont essentielles à la protection des populations touchées par le changement climatique et au bien-être des générations futures ;

De ce fait, La FIDH s’engage à travailler avec les principales parties prenantes – personnes et organisations – sur un éventail d’actions pour défendre les droits des communautés affectées et autonomiser les ligues membres engagées dans ce domaine, dans l’objectif de renforcer le cadre juridique et de garantir la responsabilisation et la réparation ;

Ces initiatives engloberont une série d’actions qui sont du domaine de compétence de la FIDH, notamment mener des recherches et des évaluations sur les impacts des droits humains communautaires, le plaidoyer et le litige stratégique ;

Pour atteindre cet objectif, la FIDH, réunie pour son 40ème Congrès à Taiwan du 21 au 25 octobre 2019

Appelle les États à déployer tous leurs efforts pour renforcer le cadre juridique pour la protection des droits humains contre les effets négatifs de toute activité commerciale, notamment à travers l’adoption d’un instrument contraignant des Nations unies sur les activités commerciales et les droits humains ainsi qu’une législation nationale et régionale sur une diligence requise (due diligence) obligatoire, pour garantir des processus transparents et participatifs ;

Lance un appel à l’ensemble des acteurs organisationnels pour respecter les droits humains et environnementaux dans leurs opérations, leur chaîne d’approvisionnement et toutes leurs relations économiques ;

Invite toutes les organisations de la société civile à travailler ensemble pour élaborer des stratégies plus solides pour la protection des droits humains et environnementaux.

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