Conférence Santa Marta : le rapport final appelle à mettre les droits humains et la justice au centre des plans de sortie des énergies fossiles

Le rapport final de la première Conférence internationale sur l’abandon progressif des combustibles fossiles a été publié à l’occasion de la semaine d’action climatique de Londres. Il appelle instamment à prévoir des plans de sortie des combustibles fossiles qui promeuvent l’ensemble des droits humains, corrigent les injustices économiques et protègent les défenseur·es de l’environnement, reprenant la totalité des contributions de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) à ce processus.

25 juin 2026. Il est connu de longue date et scientifiquement prouvé que la dépendance aux énergies fossiles et leur utilisation représentent les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre, historiquement et à ce jour. Le rôle déterminant des combustibles fossiles dans la crise climatique compromet également gravement le respect des droits humains, comme l’a douloureusement rappelé la vague de chaleur sans précédent qui s’est abattue sur Europe cette semaine.

La sortie des énergies fossiles est une exigence scientifique autant que juridique, comme l’a rappelé la Cour internationale de justice dans son avis consultatif sur le changement climatique. Les leaders du monde entier doivent privilégier les êtres humains plutôt que les profits de l’industrie extractive et mettre fin à l’ère des énergies fossiles, tout en veillant également à ce que cette transition soit bénéfique aux communautés, fasse progresser l’ensemble des droits et répare les dommages causés par des siècles de dépendance à ces sources d’énergie.

En avril, la Colombie et les Pays-Bas ont organisé la première Conférence sur l’abandon progressif des combustibles fossiles. Organisée à Santa Marta en réponse à l’impasse dans laquelle se trouvaient les négociations sur le climat des Nations unies concernant les mesures visant à sortir des énergies fossiles, la conférence a réuni 57 États et plus de 1 000 parties prenantes.

L’événement a suscité de nouveaux espoirs, car elle a abordé ouvertement les difficultés rencontrées et les solutions concrètes qui permettront à « cette coalition des volontaires » d’avancer vers une sortie des combustibles dans tous les secteurs de l’économie. La FIDH a contribué au processus de Santa Marta, en soumettant des propositions écrites et en participant à des discussions en ligne pour en tirer des recommandations et les porter à l’attention des gouvernements.

Le 23 juin, à l’occasion de la semaine d’action climatique de Londres, la Colombie et les Pays-Bas ont publié le rapport final de la conférence. Les recommandations de la FIDH ont toutes été reprises en tant que pistes concrètes pour les pays volontaires souhaitant instaurer des plans de sortie des énergies fossiles qui promeuvent les droits humains, protègent les défenseur·es réclamant des mesures ambitieuses et corrigent les inégalités systémiques.

Le rapport met en lumière de nombreuses questions soulevées par la FIDH, notamment la nécessité de :
 mettre en place une véritable approche participative impliquant l’ensemble des détenteur·ices de droits affecté·es, empêchant les violations de leurs droits individuels et collectifs, et promouvant d’autres sources de revenus qui ne reproduiraient ni de nouvelles formes d’« extractivisme vert », ni les inégalités inhérentes aux modèles basés sur les énergies fossiles ;
 protéger les défenseur·es des droits humains liés à l’environnement, ainsi qu’un espace civique ouvert pour la justice environnementale ;
 respecter le consentement libre et préalable des peuples autochtones, notamment dans les projets de transition ;
 mettre en place des règles contraignantes robustes en matière de redevabilité des entreprises, au vu de leur contribution massive aux émissions de carbone ;
 adopter des mesures commerciales et d’investissement, ainsi que des politiques fiscales, qui ne remettent pas en cause les objectifs climatiques et ne génèrent pas une charge pour les communautés et les pays les moins responsables.

a FIDH continuera de plaider pour que les droits humains jouent un rôle central dans la sortie des énergies fossiles lors de la deuxième conférence, qui se tiendra en 2027 sous la direction conjointe de Tuvalu et de l’Irlande. Elle se battra également pour que, lors de la COP31, les discussions sur ces questions se déroulent dans le même état d’esprit que durant la conférence de Santa Marta. Le moment est venu que les pays passent de la parole aux actions concrètes et rapides, fondées sur la science et sur leurs obligations en matière de droits humains.

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