Résolution sur une prise en charge humanitaire de la migration

19/11/2019
Déclaration

La FIDH, réunie pour son 40ème Congrès à Taiwan du 21 au 25 octobre 2019 fait part de son inquiétude à propos de la situation de la population migrante dans diverses parties du continent américain.

Reconnaissant que ces dernières années, les conflits internes, les guerres, la rupture de l’institutionnalité démocratique et les graves crises économiques, entre autres motifs, ont généré de grands mouvements de personnes, créant de ce fait une crise humanitaire dans leurs couloirs de transit et dans les zones d’accueil, étant donné les grands besoins de protection nationale, internationale et humanitaire de cette population.

Préoccupés par la situation des migrants aux États-Unis d’Amérique, au Mexique et en Amérique Centrale, notamment par les politiques et mesures adoptées récemment par les États en matière de migration et d’asile, de militarisation et d’externalisation des frontières ; et rappelant que depuis septembre 2018 cinq enfants migrants du Guatemala et une du Salvador sont décédés sous la garde des États-Unis.

Préoccupés parce qu’un an après le début de la crise politique et sociale au Nicaragua, environ 62 000 personnes ont fui vers les pays voisins, dont l’immense majorité (environ 55 000) a cherché refuge au Costa Rica, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Alarmés par les quatre millions de Vénézuéliens qui ont quitté leur pays depuis 2015 à cause de la grave crise économique et sociale du Venezuela, selon le HCR, dont la grande majorité se trouve dans les pays voisins.

Rappelant que les États ont l’obligation internationale d’adopter des mesures afin de protéger la dignité humaine et les droits des migrants, qui se trouvent en danger dans les zones de route et dans les territoires d’accueil où ils doivent souvent confronter préjugés, hostilité, non protection, xénophobie et de graves faits de violence, y compris traite des personnes, travail forcé et esclavage sexuel.

En de nombreuses occasions des acteurs sociaux tels que des entreprises profitent de ces mouvements migratoires pour réduire les normes du travail, créant et augmentant de l’hostilité et entraînant la xénophobie.

Réaffirmant en tant que défenseurs des droits humains que la dignité humaine et la solidarité n’ont ni frontière ni nationalité.

La FIDH, à l’occasion de son 40ème Congrès à Taipei, a convenu de :

Exiger des États qu’ils adoptent des politiques de prise en charge, régularisation et protection de la population migrante fondées sur les droits humains, qui prennent en compte les secteurs les plus vulnérables tels que les femmes, la population LGBTI, les communautés ethniques, les enfants, les personnes âgées et celles en situation de handicap.

Exiger des États qu’ils adoptent des procédures de régularisation migratoire à long terme et respectent les principes fondamentaux de non-refoulement, d’accès aux droits dans des conditions d’égalité et de non-discrimination, et qu’ils agissent également pour empêcher l’expulsion arbitraire, expulsion collective comprise.

Exhorter les organisations internationales de protection des droits humains régionaux et universels à déployer des efforts pour pouvoir faire face à l’urgence humanitaire avec le suivi et la vigilance qui lui sont dus.

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