L’externalisation des politiques migratoires : un fléau pour les droits humains

28/11/2017
Déclaration
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Mobilisée sur la thématique migratoire depuis 2003, la FIDH s’inquiète de la sous-traitance des politiques migratoires et de l’augmentation de leur caractère répressif, notamment à travers l’externalisation des frontières des pays de destination vers les routes des pays de transits et de départ. Les accords formels ou informels et programmes internationaux tels que le Programa Frontera Sur (Etats-Unis/Mexique), la Déclaration UE/Turquie, l’Operation Sovereign Borders (Australie), l’accord UE/Bangladesh, les accords de réadmission Israël-Rwanda et Israël-Ouganda ou encore le Protocole d’entente Italie-Libye outrepassent la plupart du temps les processus démocratiques, créent des régions de cantonnement et/ou d’enfermement, augmentent la militarisation frontières et la criminalisation de l’acte migratoire. Le tout avec une forte déresponsabilisation des acteurs de la répression contre les personnes migrantes : polices, armées, agences transnationales, et acteurs non-étatiques tels que les milices ou les entreprises multinationales. Les conséquences en terme de non-respect des droits humains sont lourdes : refoulements, procès non-équitables, enfermement arbitraire, violences policières, expulsions. Plus encore, cette situation répressive pousse les personnes migrantes sur des routes de plus en plus dangereuses, afin de contourner les routes les plus empruntées désormais contrôlées à outrance. Poussées dans les mains d’acteurs criminels, elles se retrouvent livrées à des situations d’esclavage, de traite, de mauvais traitements, de violences sexuelles ou basées sur le genre.

Compte tenu des conséquences des dynamiques d’externalisation des frontières et des politiques migratoires sur les droits humains au niveau mondial, la FIDH :

  • Condamne fermement les phénomènes d’externalisation des frontières et le caractère xénophobe et raciste des politiques menées par les États forteresses à l’encontre de certaines populations migrantes
  • Condamne la coopération migratoire entre les pays de destination et des pays non sûrs comme la Turquie ou la Libye, des accords qui mêlent assistance économique et approche sécuritaire comme le Programa Frontera Sur ou qui favorisent les expulsions collectives.
  • Demande l’abolition ou la fermeture des mécanismes et instances de mise en œuvre des dynamiques d’externalisation et de privatisation des politiques migratoires : centres d’enfermement des personnes migrantes dans les pays tampons ou de transit, Eurosur, Frontex, laissez-passer européen (LPE), TIGRES, GOET, UTIC, Sovereign Border task force ...
  • Demande l’élimination des facteurs qui poussent les personnes migrantes à employer des routes dangereuses, et demande l’application du droit à migrer par l’ouverture de voies sûres et légales : réinstallation, visas, corridors, laissez-passer humanitaires etc.
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