Résolution en faveur de l’usage uniformisé du terme « droits humains »

19/11/2019
Déclaration

Affirmant l’esprit de l’article 1 des statuts de la FIDH qui reconnaît que la lutte pour les droits de l’homme repose sur le principe fondamental de l’égalité, qui exige l’opposition à toute forme de racisme et de discrimination, en particulier la discrimination fondée sur le sexe, l’identité sexuelle et l’orientation sexuelle, les coutumes, la santé ou le handicap, les opinions politiques, philosophiques et religieuses, la nationalité et le statut social ;

Encouragé par l’ensemble des conversations depuis plus d’une décennie au sujet du besoin de modifier l’expression « droits de l’homme » qui jusqu’ici désignait les droits humains dans la langue française ;

Faisant référence au fait que les droits fondamentaux qu’elle désigne ne sont pas ceux qu’énonce la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 mais ceux qui figurent dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) de 1948. Et que les textes en question diffèrent en effet sur des points essentiels. En particulier, la Déclaration de 1789 ne s’appliquait pas aux femmes : dans ce document, le terme « homme » a été retenu non pas en raison de sa valeur générique supposée mais spécifiquement pour désigner les personnes de genre masculin à l’exclusion des personnes de genre féminin. Au contraire, la déclaration de 1948 érige dès son préambule la protection contre la discrimination de genre au rang de droit universel ;

Prenant note que seule la langue française a choisi de conserver la même expression d’une déclaration à l’autre. Les autres langues ont explicitement distingué les deux textes en procédant à un changement de nomenclature, soit en anglais « human rights » au lieu de « rights of man », en italien « diritti umani » au lieu de « diritti dell’uomo », en espagnol « derechos humanos » au lieu de « derechos del hombre » ;

Se référant à l’importance du droit énoncé en 1948, pourtant essentiel à l’universalité de la DUDH puisqu’il assure l’inclusion des femmes au sein de l’humanité. L’article premier de la DUDH débute notamment par ces mots : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en droit. » ;

Reconnaissant que l’utilisation de terminologies spécifiques peut contribuer intentionnellement ou involontairement aux discriminations susmentionnées et impliquer l’acceptation d’attitudes liées au sexisme, au colonialisme et à l’exclusion sociale ;

Se félicitant des efforts des défenseurs et défenseuses des droits humains et des militant (e) s de la lutte contre les discriminations qui œuvrent pour que nos vocabulaires et nos terminologies soient non discriminatoires dans les différentes régions et origines linguistiques, afin de garantir l’intégrité et la cohérence entre nos valeurs, nos actions et nos paroles ;

Prenant en considération que plusieurs institutions, dont certaines de nos ligues membres, ont déjà adopté le terme plus unificateur "droits humains" pour remplacer le terme controversé et diviseur "droits de l’homme" dans leur travail et dans leur titre ;

Engagé à renforcer le profil de la FIDH en tant que mouvement moderne, avant-gardiste, progressiste, anti-discriminatoire et inclusif ;

Insistant sur l’élément unificateur et inclusif de ce changement bénéficiant notre mouvement ;

La FIDH, réunie pour son 40ème Congrès à Taiwan du 21 au 25 octobre 2019, décide par la présente d’adopter et de systématiser dès à présent l’usage du terme « droits humains » dans tous nos documents internes et publics, et de préparer les modifications statutaires afférentes en vue du prochain Congrès en 2022.

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