[Carte interactive] La violence contre les femmes, une épidémie généralisée

06/03/2015
Communiqué
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8 mars 2015 - La violence à l’égard des femmes est un fléau qui touche tous les pays et tous les milieux sociaux. A l’occasion du 8 mars, la FIDH illustre cet abominable constat par une carte interactive présentant des témoignages inspirés de faits réels, de femmes du monde entier mortes à cause de la violence des hommes. La carte présente également des actions entreprises par la FIDH pour impulser des réformes et mettre un terme à ce désastre.

Les témoignages présentés ont été écrits par la présentatrice
 italienne Serena Dandini, en collaboration avec
 la 
chercheuse Maura Misiti dans le cadre d’un projet théatral intitulé « Blessés à mort », dont une représentation est organisée, pour la première fois, à Tunis le 8 mars, à l’initiative de la FIDH et ses organisations membres en Tunisie, l’ATFD et la LTDH.

Partout dans le monde, la violence contre les femmes fait rage. Les violences domestiques, sexuelles, la traite des femmes, les crimes « d’honneur », l’esclavage sexuel, les mariages forcés, les mutilations génitales féminines... sont autant d’expressions de ce terrible fléau. Trop souvent, les auteurs restent impunis et les victimes ne parviennent pas à faire valoir leurs droits. « Alors que nous marquons le 20ème anniversaire de la Déclaration de Beijing, le bilan en matière de violences à l’égard des femmes est affligeant. Les gouvernements doivent assumer leur obligation de mettre fin à cette épidémie, dans la sphère publique comme dans la sphère privée, en adoptant les mesures législatives et politiques nécessaires », a déclaré Karim Lahidji, président de la FIDH.

Dans une lettre écrite à sa camarade de classe, Mariam raconte son impatience de découvrir son pays, le Mali, où une grande fête l’attend pour célébrer son passage du statut de petite fille à celui de femme. Mais pour devenir une femme, Mariam doit être excisée.
Au Mali, 89 % des femmes et des filles subissent des mutilations génitales. En Somalie, elles sont 98 %, en Guinée 96%, à Djibouti 93%, et en Égypte 91% à être victimes de ces pratiques. Elles sont 130 millions dans le monde. En 2012, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution appelant à une intensification des efforts pour éliminer cette atrocité qui a toujours cours dans une trentaine de pays où la volonté politique nécessaire pour transformer cet engagement en actes fait défaut.

Elle avait 9 ans lorsque son mari l’a mise enceinte. Elle était si petite qu’elle n’a pas réussi à faire naître son bébé qui est mort avec elle.
Tel est le destin de milliers de petites filles à travers le monde, enceintes à la suite d’agressions sexuelles souvent perpétrées suite à des mariages forcées. Dans de nombreux pays, l’avortement en cas de viol est interdit. Au Nicaragua, au Salvador, au Chili et en République dominicaine, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est interdite sans aucune exception. En Irlande, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Bangladesh des lois extrêmement restrictives ne permettent de lever l’interdiction de l’avortement que lorsque la vie de la femme est en danger. De plus, toutes ces législations restrictives comportent des contraintes procédurales telles, que les femmes ne peuvent effectivement y recourir. Elles sont alors poussées à avorter clandestinement au péril de leur vie.

Avec son uniforme d’écolière, M. traverse la foule de Peshawar, les épaules droites, tel un petit soldat, prête à rejoindre son bataillon de jeunes filles, armées du désir de changer leur propre destin. Alors qu’elle se dirige vers l’école, l’autocar qui la transporte est arrêté par deux hommes qui lui tirent une balle en plein front.
Dans de nombreux pays, la montée de groupes fondamentalistes est accompagnée d’actes de violences inouïes, visant à priver les femmes et leurs filles de leurs droits fondamentaux, à la vie, à la sécurité et à l’éducation... Ciblées par les talibans au Pakistan et en Afghanistan, par le groupe al-Shabaab en Somalie, par Daech en Irak et en Syrie, ou par Boko Haram au Nigeria, elles sont torturées, violées, mariées de force, vendues, réduites en esclavage, tuées et sacrifiées lors d’« attentats suicides ».

« Déterminées à lutter contre le fléau des violences faites aux femmes, la FIDH et ses organisations membres documentent ces violences et plaident sans relâche auprès des autorités du monde entier en faveur de l’adoption de lois et politiques pour mettre fin à l’impunité et garantir l’accès des femmes à la justice, à des mesures de protection et de réparation. Seuls les Etats ont en effet le pouvoir et la responsabilité de stopper cette épidémie », a affirmé Khadija Cherif, secrétaire générale adjointe pour les droits des femmes de la FIDH.

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