Droits des femmes

Partout dans le monde, les femmes subissent discriminations et violences. Dans de nombreux États les discriminations sont inscrites tant dans le droit pénal que dans le droit civil relatif au mariage, à l’héritage ou encore à la propriété. Mais même dans les pays où les femmes ont pu obtenir une égalité en droit, celle-ci est souvent illusoire dans la pratique. Dans les instances publiques de décision, les femmes demeurent largement sous-représentées. Les violences à leur égard prospèrent souvent en raison de l’absence de lois adéquates, des obstacles à l’accès des victimes à la justice ou de l’inaction des pouvoirs publics qui tolèrent leur banalisation. L’absence de punition des auteurs de violences contribue à créer une culture d’impunité qui favorise la répétition de ces crimes. Cependant, les femmes ne sont pas seulement victimes. Partout, elles sont les principales actrices de leur propre émancipation.

Face à ce constat, la FIDH a décidé de faire de la protection des droits des femmes l’une de ses priorités. Alertée par ses organisations membres et partenaires, la FIDH :
- documente les violations des droits des femmes ;
- plaide pour l’abolition de lois discriminatoires et en faveur de l’adoption de textes protecteurs ;
- saisit les organes régionaux et internationaux de promotion des droits des femmes des violations qu’elle documente ;
- représente des victimes de violences sexuelles devant la justice.

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  • Droits reproductifs et sexuels

    Sur tous les continents, les législations répressives criminalisant le recours à l’avortement persistent, engendrant de graves violations des droits des femmes. De nombreuses lois interdisent l’interruption volontaire de grossesse (IVG) sans aucune exception. D’autres prévoient que cette interdiction peut être levée lorsque la vie ou la santé de la femme est en danger, en cas de viol, d’inceste ou de malformation du fœtus. En outre, ces législations comportent généralement des contraintes procédurales (nécessité d’obtenir un ou plusieurs certificats médicaux, une décision de justice) qui empêchent les femmes de recourir à l’avortement dans la pratique, même dans les cas prévus par la loi. Ces lois sont violentes et même parfois mortelles. En plus de régir le corps des femmes, elles les poussent à avorter dans la clandestinité, en prenant des risques considérables pour leur santé, et au péril de leur vie. Pour les petites filles, mener leur grossesse à terme provoque des désastres tant sur leur corps que sur leur avenir. La plupart des pays qui refusent de reconnaître aux femmes un droit à l’avortement ont de plus fait le choix d’infliger des sanctions pénales aux femmes qui mettent fin clandestinement à leur grossesse et au personnel médical qui pratique ces interventions. A de multiples reprises, les Nations Unies ont demandé aux États d’abolir ces lois archaïques. La FIDH documente les violations des droits des femmes et des filles à la vie, à la santé, à l’éducation et à la participation à la vie publique causées par les restrictions au droit à l’avortement, et plaide pour l’adoption de réformes respectueuses des droits des femmes.

  • Lois et pratiques discriminatoires

    Déterminée à lutter contre la misogynie et le patriarcat qui gangrènent l’ensemble des régions du monde, la FIDH est convaincue que ce combat passe par l’obtention de l’égalité entre les femmes et les hommes en droit et en pratique. Dans ce contexte, la FIDH plaide pour la ratification, sans réserve, des instruments internationaux et régionaux de protection des droits des femmes (la Convention CEDAW et son Protocole facultatif, le Protocole régional africain de Maputo...) et pour leur mise en œuvre effective. Avec ses membres et partenaires, elle exhorte les États à réformer les lois nationales conformément à ces textes, de manière à garantir le respect des droits des femmes. La FIDH a participé au lancement de deux campagnes majeures pour la lutte contre les discriminations : depuis 2006, dans les pays arabes, la Campagne « L’Egalité sans réserve » réunit des ONG de défense des droits humains et des droits des femmes dans l’objectif d’obtenir le retrait des réserves à la CEDAW. La Campagne a contribué au retrait de réserves émises par la Jordanie, le Maroc et la Tunisie. Ces retraits ouvrent la voie à la réforme des lois internes discriminatoires. Depuis 2009, en Afrique sub-saharienne, la Campagne « L’Afrique pour les droits des femmes » rassemble plus de 100 ONG à travers le continent, appelant les États à ratifier et respecter les instruments internationaux et régionaux de protection des droits des femmes en droit et en pratique.

  • Violences

    La violence à l’égard des femmes est un fléau mondial. Qu’elles soient victimes de violence domestique, de viol, notamment conjugal, de crimes sexuels perpétrés au cours des conflits armés ou des violences exercées contre les femmes défenseures des droits humains, la FIDH se bat pour promouvoir l’accès des victimes à la justice. Partout cet accès est limité en raison de l’absence de lois adéquates sanctionnant les violences, du silence des victimes craignant la stigmatisation ou les représailles, des défaillances des systèmes judiciaires, du coût des procédures... Et l’impunité prévaut. La FIDH documente les obstacles à la justice au niveau national et plaide pour des réformes juridiques, institutionnelles et politiques. Dans plusieurs affaires, la FIDH fournit une assistance juridique et une représentation aux victimes de violences sexuelles devant les juridictions internes. La FIDH mène également un plaidoyer auprès de la Cour pénale internationale afin que ces crimes soient systématiquement pris en compte dans les stratégies de poursuite mises en œuvre par le bureau du Procureur.

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