Sénégal : Harcèlement croissant à l’encontre des ONG à l’approche des élections présidentielles de 2019

23/11/2018
Communiqué

Genève-Paris, le 23 novembre 2018 – Le 16 novembre 2018, le ministre de l’Intérieur du Sénégal a ordonné la cessation des toutes activités de l’ONG Lead Afrique Francophone sur le territoire national, arguant de présumés « financements irréguliers » au profit de l’association « Y en a marre ». L’Observatoire, la Rencontre africaine pour la défense des Droits de l’Homme (RADDHO) et la Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH) dénoncent cette atteinte au droit à la liberté d’association au Sénégal, et demande la révocation immédiate de cette mesure.

A l’approche des élections présidentielles qui auront lieu en février 2019, les ONG sénégalaises sont la cible d’une nouvelle attaque contre la société civile. Le 13 novembre 2018, des responsables de Lead Afrique Francophone, ainsi que Enda Tiers-Monde (ENDA TM), OXFAM, Open Society Initiative for West Africa (OSIWA), ont été interrogés pendant cinq heures au Commissariat Central de Dakar dans le cadre d’une enquête sur de présumés financements en faveur de l’organisation « Y en a marre ». Trois jours plus tard, l’ONG Lead Afrique Francophone a reçu la notification d’un arrêté émis par le ministère de l’Intérieur. L’arrêté, qui est daté le 5 novembre 2017, abroge l’autorisation à la création de l’organisation, ordonnant ainsi la cessation immédiate de toutes ses activités au Sénégal. Suite à la publication de cet arrêté, douze organisations sénégalaises, dont la RADDHO, ont annoncé la préparation d’un plan d’action sur cette affaire [1].

« La révocation de l’autorisation pour une organisation internationale est le point culminant d’un environnement de plus en plus préoccupant pour les défenseurs des droits humains et les ONG au Sénégal. Le Sénégal doit immédiatement révoquer cette décision et assurer le plein respect du droit à la liberté d’association protégé par la Constitution nationale », a déclaré Gerald Staberock, secrétaire général de l’OMCT.

L’Observatoire, RADDHO et la LSDH expriment leur vive préoccupation face à cette grave violation du droit à la liberté d’association et exhorte le gouvernement du Sénégal à retirer immédiatement l’arrêté visant l’ONG Lead Afrique Francophone, et à s’abstenir de toute autre forme de harcèlement contre la société civile au Sénégal.

« Dans le contexte des prochaines élections, il est essentiel que le droit à la liberté d’association soit pleinement respecté dans le contexte préélectoral, en reconnaissance du rôle essentiel joué par la société civile pour assurer des élections véritablement représentatives et libres », a conclu Paul Nsapu, secrétaire général adjoint de la FIDH.

L’Observatoire, partenariat de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la FIDH, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. L’OMCT et la FIDH sont membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits de l’Homme mis en œuvre par la société civile internationale.
 
Pour plus d’informations, merci de contacter :
OMCT : Marta Gionco :+41 22 809 49 39 / mgi@omct.org
FIDH : Audrey Couprie / Samuel Hanryon : +33 1 43 55 25 18 / presse@fidh.org

[1] https://www.facebook.com/1616192543/posts/10215991184405215/

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