HONDURAS : en plein contexte électoral, des organisations internationales dénoncent la violence à l’encontre des défenseur.e.s des droits humains

06/12/2017
Communiqué
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Les organisations et réseaux régionaux et internationaux qui œuvrent au renforcement de la protection des défenseur.e.s des droits humains au Honduras, expriment leur profonde inquiétude face à l’accroissement de la violence politique et à la répression contre la contestation sociale dans ce pays d’Amérique centrale, notamment dans le cadre du processus électoral et de la proclamation de l’état d’exception.

Cette situation aggrave le contexte de violence et atteintes aux droits humains à l’encontre de leurs défenseur.e.s et des organisations et communautés qui se battent pour les droits humains dans le pays. À tel point que la communauté internationale a émis plusieurs recommandations et déposé maintes plaintes à ce sujet. Des meurtres, des menaces, des procédures de criminalisation, des infractions au droit de consultation des populations autochtones, entre autres formes d’agression, ont fini par restreindre la marge d’action de ceux et celles qui luttent pour les droits humains et des communautés qui dénoncent les atteintes aux droits de l’Homme, ce qui détériore sérieusement les institutions démocratiques.

Comme l’ont signalé les experts des Nations unies et du système interaméricain, le Honduras est devenu l’un des pays les plus dangereux pour les défenseur.e.s des droits humains [1] C’est pourquoi au mois de juillet dernier le Sous-Secrétaire général de l’ONU aux droits de l’Homme a lancé un appel à l’État hondurien visant à renforcer la protection des défenseur.e.s des droits humains et à ouvrir des espaces de dialogue et de participation véritable de la société [2]

Cependant, face aux revendications légitimes du peuple hondurien en raison des irrégularités du processus électoral en cours, l’État des Honduras a de nouveau réagi en ayant recours à la violence, en incriminant la contestation sociale et en décrétant l’état d’urgence, ce qui porte atteinte aux droits fondamentaux. Différents médias et organisations de droits humains au Honduras ont rendu compte du recours excessif à la force par les agents de l’État à l’encontre de manifestations, des détentions arbitraires, ainsi que d’autres actes répressifs qui ont coûté la vie et blessé un nombre encore indéterminé de personnes. Cette violation des droits fait courir des dangers particulièrement graves pour les communautés et les secteurs qui se trouvent dans une situation de marginalisation et de discrimination, comme les femmes et les peuples autochtones.

Face à cette situation, les organisations signataires, dont la liste figure ci-dessous, appellent l’État hondurien à :

• Suspendre immédiatement l’état d’urgence décrété le 1er décembre 2017 et permettre le droit à la contestation sociale et à la liberté d’expression au Honduras ;

• Enquêter sur tous les cas de violation des droits de l’Homme commise contre des manifestants, des organisations et des communautés dans le cadre de la contestation en raison du climat électoral ;

• Accéder aux demandes de la société dans le but de respecter la volonté populaire exprimée par les urnes, ce qui présuppose entre autres d’appuyer lesdites organisations et les mouvements sociaux qui protestent et de tenir compte des recommandations que la mission de l’OEA et la mission d’observation électorale de l’Union européenne ont rendu publique respectivement les 3 et 4 décembre derniers, appelant à un nouveau dépouillement des voix et à procéder à la révision des procès-verbaux du scrutin dans des conditions de transparence. Et ainsi résoudre, en conformité avec la loi, toute contestation ou allégation d’irrégularité pendant le processus électoral, avant que la TSE ne se prononce officiellement sur les résultats finaux du scrutin.

C’est pourquoi nous exhortons l’Organisation des États américains (OEA), le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH), la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH) et d’autres instances de protection internationale, afin qu’elles appellent de façon catégorique la République du Honduras à garantir le respect des droits humains et déclenchent les mécanismes nécessaires pour y parvenir.

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