Bahreïn : Craintes pour la vie du défenseur des droits humains emprisonné Nabeel Rajab

26/01/2018
Communiqué
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Beyrouth - Paris - Genève, le 25 janvier 2018. Selon une source crédible mais confidentielle, les autorités bahreïnies auraient planifié d’interférer dans le traitement médical du défenseur des droits humains Nabeel Rajab, afin de mettre clairement en danger son intégrité physique et sa sécurité. Une fois de plus, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (un partenariat FIDH-OMCT), le Centre bahreïni pour les droits humains (BCHR) et le Gulf Center for Human Rights (GCHR) demandent aux autorités bahreïnies de libérer immédiatement et sans conditions Nabeel Rajab.

Cette tentative de nuire à la santé de Nabeel Rajab n’est pas due au hasard mais arrive au moment où le gouvernement le maintient sous une surveillance toujours plus stricte, afin de l’empêcher de témoigner de la situation des droits humains dans son pays. Toutefois, les autorités ne parvenant pas à l’empêcher complètement de témoigner, elles cherchent désormais d’autres alternatives pour le réduire définitivement au silence. Cette situation est d’autant plus inquiétante que Nabeel Rajab, sous traitement médical, nécessite une intervention chirurgicale et de suivre un traitement médical.

« Le Bahreïn continue de persécuter notre ami et Secrétaire Général adjoint de la FIDH » remarque Dimitris Christopoulos, président de la FIDH. « Récemment, les signaux alarmants se sont multipliés, soulevant les plus vives inquiétudes sur ses conditions de détention. Le gouvernement doit cesser ces manœuvres et le libérer immédiatement. Nous craignons désormais pour sa vie. »

« Les autorités du Bahreïn devraient autoriser Nabeel Rajab à passer des examens médicaux réalisés par du personnel médical international indépendant, et que leurs résultats puissent être dûment enregistrés et accessibles à sa famille. La vie de Nabeel est gravement en danger. Il est temps qu’il puisse recevoir de toute urgence les traitements médicaux nécessaires » ajoute Gerald Staberock, secrétaire général de l’OMCT.

Ces derniers mois, nombre de dissidents et activistes de premier plan sont tombés gravement malades alors qu’ils étaient en détention au Bahreïn, et se sont vu refuser des soins adéquats, délivrés de manière indépendante par du personnel médical fiable. Les autorités bahreïnies ne cessent d’emprisonner, détenir, torturer, intimider, déchoir de leur nationalité ou forcer à l’exil les nombreuses personnes s’opposant pacifiquement ou critiquant ouvertement les politiques mises en œuvre. Les autorités ont en outre fermé plusieurs médias indépendants.

« Il y a de moins en moins de défenseurs des droits humains pouvant travailler au Bahreïn, et ceux qui le font encore prennent tous les risques, même en détention. De fait, le harcèlement de Nabeel Rajab vise à réduire au silence l’ensemble de la société bahreïnie » affirme Maytham Al Salman, conseiller spécial au BCHR.

L’Observatoire, partenariat de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. La FIDH et l’OMCT sont membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits de l’Homme mis en œuvre par la société civile internationale.

Contacts Presse :

FIDH : Samuel Hanryon : +33 6 72 28 42 94 ; shanryon@fidh.org
OMCT : Delphine Reculeau : +41 22 809 49 39 ; dr@omct.org
BCHR : Julie Gromellon : +961 81 784 437 ; julie@bahrainrights.org

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