Souhayr Belhassen dédie le 90ème anniversaire de la FIDH à ses 26 militant-e-s emprisonnés

14/12/2012
Communiqué

« Alès Bialiatski, Nabeel Rajab, Nasrin Sotoudeh... : je leur dédie notre soirée »

Souhayr Belhassen dédie la soirée du 90ème anniversaire de la FIDH à ses 26
militant-e-s emprisonnés.

C’était il y a quatre-vingt dix ans, quatre-vingt dix ans. Plusieurs militants, membres d’organisations de défense des droits de l’Homme de France, d’Allemagne, de Belgique, de Hongrie, d’Egypte et de dix autres pays, se sont
réunis pour bâtir, sur les vestiges de la Première Guerre Mondiale, un mouvement
international de revendication pour les droits humains : ils créent la F(..)I(..)D(..)H(..).

Ces précurseurs ont voulu construire une société qui au delà des frontières, place les
droits humains au coeur des sociétés, avant les intérêts partisans, économiques ou
nationalistes.

Dès 1927, ils appelaient à l’adoption d’une « Déclaration mondiale des droits de
l’Homme » et à la création d’une Cour criminelle internationale permanente. Des
décennies plus tard, la Déclaration universelle des droits de l’Homme est adoptée et la Cour pénale internationale voit le jour. Les droits de l’Homme disposent dorénavant d’un cadre juridique et chaque être humain est en droit de les revendiquer.

Nos luttes ont traversé les années, contre la montée de l’antisémitisme et du
nationalisme, au péril de la vie de nos précurseurs. Victor Basch, membre fondateur et Président de la FIDH est assassiné par la milice française de Lyon en 1944.
Combattant la colonisation et toutes les formes d’arbitraire, pendant la Guerre froide, ou agissant pour un monde plus juste et équitable, nos précurseurs ont inspiré des militants des droits humains de part le monde.

Aujourd’hui comme hier, ils sont en première ligne, militant chaque jour pour
l’universalité des droits, pour la mise en oeuvre concrète, effective, des droits des
femmes, du droit à la justice, de la liberté d’expression, de la liberté de croyance, et du droit à la dignité.

Ils en payent le prix fort. En cette soirée de célébration de notre 90ème anniversaire, je pense aux 26 militantes et miltants de notre mouvement actuellement emprisonnés.

Je pense à Ales Bialiatski, notre vice-président et Président de Viasna, au
Bélarus, condamné à 4 ans de prison et de travaux forcés.

Je pense à Nabeel Rajab, le secrétaire général adjoint de la FIDH, président du
Centre bahreini des droits de l’Homme, est condamné à trois ans de prison ferme.

Je pense à Nasrin Sotoudeh, en Iran, qui reçoit le prix Sakharov la semaine
prochaine. Espérons qu’il contribuera à rompre son isolement, après sa condamnation à 11 années d’emprisonnement et à 20 ans d’interdiction d’exercer
sa fonction d’avocate. Je pense à ses trois collègues du Centre iranien des défenseurs des droits de l’Homme dans la même situation.

Je pense à Muharrem Erbey, en Turquie, vice-président de l’Association turque
des droits de l’Homme, et à 13 autres de ses collègues également derrière les
barreaux.

Je pense aux cinq membres de la Société des droits de l’Homme d’Ouzbékistan,
eux aussi en prison.

Ces militants des droits humains se battent pour leurs libertés et leurs droits ; Ils
se battent pour notre liberté et nos droits.

Je souhaite leur dédier notre soirée.

Votre présence ici ce soir témoigne de votre soutien à notre combat. En leur
nom et au nom de la FIDH, je vous dis merci.

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communique