Une victoire historique de la démocratie chilienne.

La FIDH salue la confirmation par la Cour Suprême chilienne de la décision de la Cour d’Appel de Santiago levant définitivement l’immunité parlementaire d’Augusto Pinochet, preuve supplémentaire de maturité d’une société chilienne dans son délicat parcours de transition vers la démocratie.

La FIDH considère que la justice chilienne a ainsi manifesté une nouvelle fois son indépendance au regard des multiples pressions exercées notamment par l’armée chilienne. Si l’arrestation et la détention d’Augusto Pinochet à Londres pendant 17 mois représente une avancée considérable de la justice pénale internationale au plan de la lutte contre l’impunité, l’importance de la décision de la Cour Suprême, outre le caractère symbolique qui lui est attachée, doit être mesurée à l’aune de l’attente des familles des victimes et des défenseurs des droits de l’Homme menant dans ce sens un combat courageux et opiniâtre que la FIDH salue.

La FIDH souligne qu’en décidant que l’ancien dictateur rende des comptes à la société chilienne, la justice de ce pays non seulement n’exonère pas le principal responsable des crimes commis pendant la dictature, mais poursuit ainsi plus généralement son œuvre de la lutte contre l’impunité à l’origine de l’arrestation de plusieurs dizaines d’officiers supérieurs et responsables militaires, coupables de crimes d’assassinat et de torture.

La FIDH souhaite que la procédure judiciaire puisse être menée à terme et invite le gouvernement chilien à poursuivre le processus de retour à la démocratie en élaborant une nouvelle constitution se substituant à celle, indigne, toujours en vigueur mise en place par le Général Pinochet lui-même en 1981 et qui n’avait pour seul objet que de permettre à l’ancien dictateur de se maintenir au pouvoir.

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