Pinochet : la justice internationale en marche

La FIDH tient à témoigner sa profonde satisfaction après avoir pris connaissance de la décision de la Chambre des Lords du Royaume Uni, intervenue le 25 novembre 1998 déclarant légale l’arrestation du Général Pinochet le 16 octobre 1998.

La FIDH se félicite vivement de cette décision qui applique l’ensemble des règles contemporaines du droit international admettant que la qualité officielle d’un accusé, qu’il soit Chef d’Etat ou de gouvernement, ne saurait l’exonérer en aucun cas de sa responsabilité pénale ni constituer un motif de diminution de sa peine.

Cette décision est historique dans la lutte contre l’impunité. En effet, elle constitue un important précédent de mobilisation de la communauté internationale, démontrant ainsi que la justice n’a pas de frontières en matière de crimes contre l’humanité, de torture et de disparition forcée. A l’heure du cinquantième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la reconnaissance de la légalité de l’arrestation de l’ancien dictateur chilien renforce l’ensemble des mécanismes internationaux de défense et de respect des droits de l’Homme et démontre que la Cour Pénal Internationale doit impérativement devenir effective dans les plus brefs délais.

La FIDH adresse ce jour une lettre au Ministre de l’intérieur britannique afin qu’il réponde favorablement à la demande d’extradition présentée par le gouvernement espagnol. En effet, la Convention Contre la Torture des Nations Unies oblige le Royaume Uni, signataire, à extrader ou à juger toute personne soupçonnée d’actes de torture (article 5.2, 6.1 et 8). La FIDH considère qu’au regard de la gravité des crimes reprochés au Général Pinochet, aucun motif de nature juridique, politique ou humanitaire ne saurait faire obstacle à la procédure d’extradition. La FIDH entend suivre avec attention en collaboration avec ses organisations affiliées l’ensemble des procédures judiciaires diligentées à l’encontre de l’ancien dictateur en Espagne, ainsi qu’en Suisse, en France et en Suède.

La FIDH constate également avec satisfaction l’évolution de la majorité de l’opinion publique au Chili souhaitant voir mener à bien l’ensemble des procédures en cours contre le Général Pinochet et tout autre officier du régime dictatorial au pouvoir entre 1973 et 1990. La FIDH souligne l’importance du processus judiciaire chilien au regard de la satisfaction du droit des victimes.

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