Appel urgent pour l’annulation de l’exécution de Hafez Ibrahim

20/08/2007
Communiqué
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La FIDH et son organisation membre au Yémen, Sister Arab Forum for Human Rights (SAF) demandent aux autorités yéménites d’annuler l’exécution de Hafez Ibrahim, condamné à mort alors qu’il était mineur au moment des faits et de commuer sa peine.

Condamné à la peine capitale par la Cour de première instance de Taiz en 2005 pour un homicide qu’il aurait commis alors qu’il était âgé de 16 ans, Hafez Ibrahim devait être exécuté le 6 avril 2005. Suite à une intervention de la Ministre yéménite des droits de l’Homme, le Président de la République avait suspendu l’exécution afin de permettre à celle-ci d’essayer d’obtenir le pardon de la part de la famille de la victime, pour que la peine puisse être commuée.

En juillet 2007, en l’absence de pardon accordé par la famille, la Cour suprême a confirmé la condamnation à mort qui devait être exécutée le 8 août 2007.

Suite aux pressions internationales, l’exécution de Hafez Ibrahim avait été repoussée au 11 août. À cette date, le Procureur général confirma que l’exécution était suspendue pour trois jours supplémentaires.

La FIDH et SAF expriment leur profonde inquiétude suite aux irrégularités qui ont été dénoncées pendant le déroulement de procès. La Cour de Justice, qui réfute le fait que Hafez Ibrahim était mineur au moment du crime, n’a jamais accepté de vérifier l’âge de Hafez Ibrahim. En outre, selon les informations reçues, au moment du procès le juge aurait refusé d’entendre les témoins et l’avocat de l’inculpé. Enfin la Cour Suprême aurait ignoré l’appel introduit par l’avocat de Hafez Ibrahim.

Nos organisations appellent à une révision du procès. L’application de la peine de capitale à des personnes mineures au moment des faits contrevient aux lois yéménites et internationales et enfreint l’article 31 du Code pénal yéménite et l’article 37 de la Convention internationale des droits de l’enfant, ratifiée par le Yémen en 1991.

La FIDH et son organisation expriment une fois de plus leur opposition à la peine de mort, en toute circonstance et en tout lieu. Elles rappellent que la peine de mort est fondamentalement contraire à la dignité de l’être humain proclamée par la Déclaration universelle des droits de l’Homme et que son abolition est visée par plusieurs instruments internationaux, notamment par le Protocole facultatif au Pacte international sur les droits civils et politiques. Son effet dissuasif n’a par ailleurs, jamais été établi.

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