Tunisie : un système sanitaire fragile à l’épreuve de la COVID 19

02/12/2021
Rapport
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PARIS / TUNIS le 2 décembre 2021. Le droit à la santé, droit humain universel inscrit dans la constitution de plusieurs pays, a subit une régression historique à l’occasion de la pandémie de Covid-19. C’est particulièrement le cas en Tunisie, pays le plus impacté de son contient, comme le souligne un cahier thématique publié ce jour par la FIDH et le FTDES qui recommande une réforme profonde du secteur sanitaire du pays.

A l’été 2021, avec plus de 20 000 morts des suites de la COVID 19 en Tunisie, le enregistre le plus lourd bilan en méditerranée orientale et en Afrique, selon l’OMS.

En publiant ce cahier intitulé « le droit à la santé au temps de la crise Covid 19 ; quand les inégalités font souffrir et tuent », la FIDH et le FTDES réagissent à ce constat alarmant pour analyser les différentes facettes de cette crise sanitaire, ses causes profondes et ses impacts sur les plus vulnérables.

Bien que la constitution de 2014 prévoit dans son article 38 que « Tout être humain a droit à la santé », dans la pratique, plusieurs facteurs liés aux inégalités d’opportunité, de revenu, d’appartenance régionale ou inter-régionale et de genre entravent l’exercice de ce droit.

Ce cahier montre que la politique de désengagement de l’État a favorisé la dégradation de la qualité des soins dans un secteur public de la santé sous-financé, mal géré et gangréné par la corruption.

L’état des lieux du système de santé alerte également sur l’emprise du secteur privé. Ce dernier concentre une part de plus en plus importante des équipements lourds, avec par exemple 85% des IRM , ou encore 73% des scanners.

À la répartition inégale des infrastructures de santé, s’ajoute un manque de possibilités financières d’accès aux soins. Il est ainsi inquiétant de voir que parmi les populations les plus pauvres, plus de 77% déclarent n’avoir pas pu consulter un médecin, alors qu’elles le jugeaient nécessaire, à cause d’un manque de ressources.

Le rapport souligne également l’impact de ces inégalités sur certains groupes plus touchés encore par la vulnérabilité, dont les migrants et les femmes victimes de violences, et mal pris en charge par les institutions en place.

Tout en mettant la lumière sur la résilience de la société civile pour sauver le secteur de la santé et son investissement notamment pendant la crise sanitaire, le cahier conclut à un non-respect du droit à la santé par la Tunisie. Il recommande, dans ses différentes parties, une réforme profonde du secteur sanitaire. Elle se heurte aux politiques d’austérité ainsi qu’aux intérêts des bénéficiaires d’un système de corruption et de rentes.

Le FTDES et la FIDH souhaitent ainsi rappeler l’importance de défendre un système de santé basé sur la solidarité publique et la non-discrimination. Il s’agit de souligner l’importance de considérer la santé comme un véritable droit, dont tout citoyen.enne est titulaire, et dont l’Etat est le principal garant.

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