Une mobilisation nationale pour la libération des détenus de Gafsa empêchée

02/06/2009
Communiqué

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dénonce les obstacles à la mobilisation des membres du Comité directeur et des représentants de sections de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), appelant à la libération des prisonniers du Bassin minier de Redeyef, à la veille du premier anniversaire de la répression qui a secoué la région, et qui s’est soldée par l’arrestation massive de militants, et la condamnation de nombre d’entre eux [1].

Le 2 juin 2009 au matin, plusieurs membres du Comité directeur de la LTDH et de militants de sections régionales ont tenté de déposer un texte signé par toutes les sections au niveau du ministère de la Justice et des gouvernorats, afin d’appeler à la libération des détenus de Redeyef.

A Tunis, la capitale, plusieurs membres du Comité directeur de la LTDH qui s’étaient rassemblés devant le Tribunal de première instance ont été empêchés par un dispositif policier de se rendre au ministère de la Justice, où ils devaient déposer le texte. Au même moment, le siège du gouvernorat de Tunis a également été bouclé.

A Bizerte, au Nord, certains membres de la section, dont MM. Mohamed Ben Saïd et Lofti Hajji, ont été violentés par des policiers, dont l’un les a insultés. Ils n’ont par conséquent pas pu accéder au siège du gouvernorat.

A Monastir, à l’Est, plusieurs membres de la section, dont son président M. Salam Haddad, ont été bloqués chez eux.

A Jendouba, au Nord-ouest, des obstacles à la liberté de mouvement de membres de la section qui devaient se rendre au siège du gouvernorat ont également été constatés. Le président de la section de Jendouba et membre du Comité directeur, M. Abderahman Hedhilli, a par ailleurs été sommé de descendre d’un taxi par des policiers en civil, alors qu’il se rendait à Monastir pour ensuite rejoindre Tunis.

Des obstacles de même nature ont été constatés dans les gouvernorats du Centre et du Sud : Tozeur Nafta, Kairouan, Kebili et Medenine.

L’Observatoire dénonce ces obstacles systématiques à la liberté de mouvement de ces défenseurs des droits de l’Homme, et demande aux autorités tunisiennes de cesser tout acte de répression à leur encontre, ainsi qu’à l’encontre de tous les défenseurs des droits de l’Homme tunisiens.

L’Observatoire demande en outre aux autorités tunisiennes de se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et notamment son article 5, qui prévoit que "chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, aux niveaux national et international [...] de se réunir et de se rassembler pacifiquement", ainsi qu’aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et aux instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la Tunisie.

Pour plus d’informations, merci de contacter :

FIDH : Gaël Grilhot / Karine Appy : + 33 1 43 55 25 18
OMCT : Eric Sottas : + 41 22 809 49 39

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