RFI > L’invitée : Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des Droits de l’homme

18/02/2009
Communiqué

Elle se consacre également à l’écriture d’ouvrages, dont le principal,
Bourguiba (écrit en collaboration avec Sophie Bessis), est considérée comme
l’une des biographies de référence sur l’ancien dirigeant tunisien. Interdit de
vente en Tunisie sous Bourguiba, le livre ne sera ne sera publié qu’en 1990,
peu après le coup d’Etat de Zine El Abidine Ben Ali. Souhayr Belhassen n’en
absout néanmoins pas le nouveau régime pour autant, et son ouvrage suivant,
Femmes du Maghreb (également co-écrit avec Sophie Bessis), décrit l’enjeu que
constituent les femmes dans les pays de la région, dont le sien. En 1993, dans
une pétition de soutien aux femmes algériennes, Souhayr Belhassen dénonce le
silence coupable du régime tunisien sur la situation de son voisin, et
l’utilisation de l’alibi constitué par la situation relativement privilégiée
des Tunisiennes pour les empêcher d’agir. A la suite de cette pétition, et bien
que celle-ci n’ait recueilli qu’une centaine de signatures, elle sera expulsée
de Tunisie, et son exil durera 5 ans. De retour à Tunis, elle fonde
l’hebdomadaire 7sur7, un magazine culturel qui aura une durée de vie limitée.
En 1998 en effet, après que Souhayr Belhassen ait fait état d’une émission de
France 2 (chaîne publique française)qui n’avait pas l’heur de plaire aux
autorités tunisiennes, celles-ci s’arrangent pour supprimer les financements
extérieurs de 7sur7, qui fait alors faillite. Une nouvelle fois, Souhayr
Belhassen doit reprendre à zéro. Souhayr Belhassen continue par ailleurs de
prendre une part de plus en plus active au sein de la Ligue Tunisienne des
Droits de l’Homme (LTDH), plus ancienne organisation de défense des droits de
l’Homme du monde arabe. L’organisation doit faire face à un harcèlement
constant de la part des autorités (harcèlement judiciaire, passages à tabac,
menaces…). Elle en devient vice-présidente en novembre 2000, puis intègre le
bureau international de la Fédération internationale des ligues des droits de
l’Homme en 2004, lors du congrès de Quito. Dans le cadre de ses activités
militantes Souhayr a été agressée à plusieurs reprises par des policiers en
civil, et comme beaucoup de défenseurs tunisiens des droits de l’Homme, elle
fait l’objet d’une surveillance constante (mise sur écoute, filature,
surveillance du courrier…). A 63 ans, cette activiste infatigable pour la
défense des droits fondamentaux dans son pays est également engagée sur de
nombreux autres fronts sur le plan international, à commencer par celui de la
défense des droits des femmes. Elle coordonne à ce titre le Groupe d’Action
pour le droit des femmes de la FIDH.

Ecouter l’émission


Les choix musicaux de Souhayr Belhassen

  • Li Beirut de Fairouz
  • Gibraltar de Abd Al Malik
  • Aung Saan Suu Kyi de Jane Birkin -
  • Non à l’excision de Tiken Jah Fakoly
  • It ’s wonderful de Barbara Hendricks
  • Ya Rahya de Rachid Taha
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