Procès de MM. JALEL et Néjib ZOGHLAMI / BEN BRIK

21/12/2004
Rapport

Au lendemain des élections présidentielles et législatives tunisiennes du 24 octobre 2004, s’est tenu devant le Tribunal de Première Instance de Tunis (4ème chambre correctionnelle) le Procès de MM. JALEL et Néjib ZOGHLAMI / BEN BRIK, frères du célèbre journaliste et écrivain dissident Taoufik Ben Brik ; le troisième prévenu, M. Lumumba El Mohsni fait l’objet d’un mandat d’amener (n° 3833) et encourt par conséquent la condamnation par défaut.

Il s’agit du premier procès à caractère politique organisé immédiatement après la quatrième réélection consécutive de Monsieur ZINE EL ABIDINE BEN ALI (94,48% des suffrages !), dont la « candidature » à sa propre succession n’a été rendue possible que grâce à une réforme sur mesure, unanimement décriée, de la Constitution tunisienne, l’autorisant à briguer autant de mandats qu’il le désire [article 39 in fine ancien « Le Président de la République est rééligible deux fois consécutives » ; article 39 in fine nouveau « Le Président de la République est rééligible » !]. Ce qui a été interprété par l’opposition démocratique tunisienne, tout autant que par les observateurs internationaux, comme un retour à la « pratique bourguibienne » de la présidence à vie (instaurée en 1974), critiquée naguère et abolie, pour un temps, par M. Ben Alilui-même.

Ce contexte politique est d’une importance capitale pour la compréhension des enjeux réels du procès qui s’est tenu le 28 octobre 2004, dans un Palais de Justice de la capitale tunisienne transformé, pour l’occasion, en une véritable caserne tant la présence des « forces de l’ordre » et des policiers en civil, autour tout comme dans l’enceinte même du Palais, était impressionnante1.

En effet, outre ses engagements politiques en tant que dirigeant d’une organisation trotskiste non reconnue (Organisation Communiste Révolutionnaire), Monsieur JALEL ZOGHLAMI est rédacteur en chef d’un Journal d’opposition radicale interdit 2 « KAWS EL KARAMA » (L’Arc de la Dignité) pour la publication duquel il avait déjà été jugé, sous couvert d’un procès pour « agression sur agents de police dans l’exercice de leur fonction », condamné à 5 mois d’emprisonnement en première instance et relaxé en appel. Il était par ailleurs le principal soutien à la candidature (symbolique) dissidente de son frère Taoufik Ben Brik à la magistrature suprême.

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