Massacre de manifestants pacifiques en Syrie : la communauté internationale doit agir de toute urgence.

27/04/2011
Communiqué
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Alors que des négociations sont en cours entre les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies portant sur une éventuelle déclaration sur la situation en Syrie, le Conseil des droits de l’homme (CDH) a décidé de convoquer une session extraordinaire, le 29 avril 2011, sur la condition des droits de l’Homme en Syrie. « La communauté internationale semble enfin être disposée à prendre ses responsabilités envers les victimes syriennes » , a déclaré Souhayr Belhassen, Présidente de la Fédération internationale des droits de l’Homme.

La situation en Syrie a tourné au cauchemar, de façon sans précédente depuis le début des manifestations. Selon la FIDH et son organisation membre en Syrie, le Damascus Center for Human Rights Studies (DCHRS), il est maintenant évident que des crimes internationaux, qui relèvent de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI), sont perpétrés par les autorités syriennes. Cette situation justifie pleinement l’alerte de la communauté internationale. Les répressions violentes perpétrées par les forces armées et de sécurité contre les manifestants, ne sont pas une exception syrienne. Le Bahreïn et le Yémen sont aussi le théâtre d’une répression sanglante. « Il est lamentable que les exactions au Bahreïn et au Yémen n’aient pas déjà capté l’attention des membres du Conseil des droits de l’Homme. L’approche sélective ne peut en aucun cas être considérée comme une solution durable » a ajouté Souhayr Belhassen.

Depuis le 16 mars 2011, face à un mouvement de protestation pacifique qui demandait des réformes, les autorités syriennes ont répondu par une violence qui n’a fait que s’accroître. Alors que les manifestations se propageaient, la réponse des forces de sécurité s’est durcie, allant jusqu’au déploiement de blindés dans plusieurs villes (Deraa, Homs, Jabla, Douma, Baniyas, etc.). Les forces de sécurité ont utilisé des balles réelles contre les manifestants, ce qui a causé la mort d’environ 400 personnes depuis la mi-mars. Des centaines de personnes ont également disparu et plus de 1700 personnes ont été arrêtées au cours des trois derniers jours1.

L’écart entre la position officielle, qui affirme que des réformes longtemps attendues, dont la levée de l’état d’urgence et la promulgation d’une loi sur les manifestations pacifiques, ont été adoptées, et la répression systématique et violente sur le terrain, est plus flagrant qu’il ne l’a jamais été. La communauté internationale se doit de condamner fermement les violations systématiques des droits de l’Homme perpétrées par les autorités syriennes et d’exhorter ces dernières à mettre immédiatement un terme à la violence. Une commission d’enquête internationale indépendante doit être mise en place de toute urgence afin d’enquêter sur toutes les violations et les auteurs présumées. Les responsables devront être traduits en justice. Le Conseil de sécurité doit saisir la CPI sur le dossier syrien et prendre d’autres mesures appropriées, telles que des sanctions individuelles, afin de mettre un terme à l’acharnement des autorités sur les civils.

La FIDH se félicite de la session extraordinaire du Conseil des droits de l’Homme. Toutefois, « elle ne peut constituer à elle-seule une réponse à la répression meurtrière des manifestations syriennes. Nous espérons que les États membres du Conseil de sécurité prendront des mesures rapides et appropriées afin d’assumer la responsabilité de protection qui leur incombe. Le devoir du Conseil de sécurité est de prendre l’initiative, en contribuant à mettre fin aux actes de violence généralisés contre les civils » , a déclaré Radwan Ziadeh, directeur du DCHRS.

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