Les familles des activistes cible de représailles

09/09/2011
Communiqué
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Copenhague, Genève, Paris. 1er septembre 2011. Le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH), l’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme - un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) - et la Fédération euro-méditerranéenne contre les disparitions forcées (FEMED) condamnent fermement l’intensification des arrestations arbitraires et des actes systématiques de harcèlement perpétrés par les autorités syriennes contre les défenseurs des droits de l’Homme et les activistes démocrates, ainsi que des membres de leurs familles.

Le 30 août 2011, les renseignements de l’Armée de l’air, l’un des nombreux services de sécurité actifs en Syrie, ont arrêté M. Yassine Ziadeh dans le quartier de Daraya à Damas. Son lieu de détention demeure inconnu au moment de la publication de ce communiqué. Nos organisations craignent qu’il puisse être soumis à des mauvais traitements ou des actes de torture étant donné l’intensification actuelle de la répression contre le mouvement de protestation sociale et de leurs partisans présumés.

Yassine Ziadeh est le frère de Radwan Ziadeh, président du Centre de Damas pour les études des droits de l’Homme (DCHRS), une organisation membre du REMDH et la FIDH. Homme d’affaires, Yassine Ziadeh n’est pas impliqué dans le mouvement de protestation, ni dans des activités en faveur des droits de l’Homme selon les informations reçues par nos organisations.

« Cette arrestation est une nouvelle illustration de la campagne systématique de répression menée par les autorités syriennes contre toute voix dissidente et les défenseurs des droits de l’Homme », a déclaré Kamel Jendoubi, président du REMDH. « Les autorités syriennes doivent immédiatement cesser de cibler les familles des défenseurs des droits de l’Homme pour les intimider ou les forcer à se rendre. »

« Une fois encore les autorités démontrent leur peu de considération pour le respect des droits de l’Homme. Ce comportement exige une forte condamnation de la communauté internationale ", a ajouté Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

Depuis le début des troubles en Syrie, Radwan Ziadeh – qui est exilé aux Etats-Unis - a joué un rôle actif dans la dénonciation de la dégradation continue de la situation des droits de l’Homme dans le pays. En raison de ses activités, Radwan Ziadeh a été maintes reprises soumis à des menaces ainsi qu’à des campagnes de diffamation en Syrie[1]. Les membres de sa famille qui vivent encore en Syrie sont empêchés de voyager à l’étranger depuis février 2007.

« La lutte de Radwan Ziadeh pour faire la lumière sur les crimes internationaux commis en Syrie et pour que la vérité soit établie au sujet des disparitions forcées doit être encouragée et non entravée ! », a déclaré Nassera Dutour, présidente de la FEMED.

Depuis le début de l’insurrection dans le pays, les services de sécurité syriens ont à de nombreuses reprises ciblé les militants des droits de l’Homme et les activistes démocrates au travers de membres de leurs familles. Le 20 août 2011, les services de sécurité ont arrêté M. Mohammed Khair Ghalioun, le frère du militant pro-démocratie Bourhan Ghalioun, qui vit en France. Quelques semaines auparavant, M. Waël Hamada, mari de l’éminente avocate des droits de l’Homme Razan Zeitouna et Abdulrahman Hamada, le frère de Waël ont également été arrêtés dans le but de la forcer à se rendre. De même, les membres de la famille de la militante Dana Aljawabra Ibrahim et du journaliste et activiste politique Ali Al Abdallah ont été soumis à des arrestations arbitraires en juillet 2011. Ces cas ne sont pas isolés et semblent s’inscrire dans le cadre d’une stratégie systématique et délibérée.

« Le fait de s’en prendre aux familles nous ramène au Moyen Age », a déclaré Gerald Staberock, Secrétaire général de l’OMCT. « Le fait que ces pratiques se poursuivent après que le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU ait condamné les violations des droits de l’Homme commises par la Syrie suite à la publication du rapport du Haut Commissaire pour les droits de l’Homme montre le mépris des autorités syriennes à l’égard des mécanismes de protection des droits de l’Homme. Il faut de toute urgence mettre un terme à ces violations. Nous demandons à ce que les responsables de ces actes atroces répondent de leurs actes devant la communauté internationale ", a-t-il ajouté.

Le REMDH, l’Observatoire et la FEMED exhortent les autorités syriennes à mettre un terme à l’ensemble des actes de harcèlement contre les défenseurs des droits de l’Homme et les militants démocrates, à libérer immédiatement et inconditionnellement toutes les personnes détenues arbitrairement et à se conformer en toutes circonstances à la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l’Homme (1998), ainsi qu’aux instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme qui engagent la Syrie.

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