Libye – Vers une révolution sanglante

18/02/2011
Communiqué
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Vendredi 18 février 2011 - La FIDH et la Ligue libyenne des droits de l’Homme (LLH) dénoncent avec la plus grande fermeté la violente répression menée par les forces de l’ordre libyennes contre les opposants au régime qui manifestent dans plusieurs villes du pays depuis mardi 15 février 2011.

Ces violentes répressions auraient fait au moins 30 morts et des dizaines de blessés dans le nord-est de la Libye, selon les informations recueillies par les organisations de défense des droits de l’Homme. Le nombre de morts et de blessés est difficile à confirmer puisque les défenseurs des droits de l’Homme, contraints à l’exil, travaillent depuis l’étranger et la Libye reste très fermée aux médias étrangers et organisations internationales de droits de l’Homme.

Le « jour de colère » du 17 février, date anniversaire d’une précédente manifestation qui avait fait 12 morts en 2006, s’est soldé par des affrontements très violents entre les opposants au régime, qui appellent à la mise en place d’une constitution et au retour de l’État de droit dans le pays, et les forces de sécurité qui n’ont pas hésité à tirer à balles réelles.

Des milices et des groupes de supporters pro-Khaddafi, armés, auraient également participé à la répression. Les comités révolutionnaires, pilliers du régime de Mohammar Khaddafi, ont menacé de représailles violentes et foudroyantes tous ceux qui remettent en cause les principes de la révolution libyenne.

En outre, selon les informations reçues, les blessés se verraient refuser l’accès aux hôpitaux et les transports en ambulance. Les transfusions sanguines seraient même interdites aux personnes ayant pris part aux manifestations.

Par ailleurs, les arrestations et détentions arbitraires de journalistes et opposants politiques par les Forces de Sécurité libyennes à la suite de ces évènements se comptent par milliers.

La FIDH et la LLH condamnent l’usage excessif et disproportionnée de la force et craignent que la situation s’aggrave encore. La FIDH et la LLH appellent à l’arrêt immédiat des tirs à balles réelles contre les manifestants. Nos organisations enjoignent le gouvernement libyen à libérer les personnes détenues arbitrairement et demandent que soit respectés la liberté d’expression et le droit de se réunir pacifiquement.

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