Les autorités doivent garantir les droits des femmes

Après avoir exprimé sa préoccupation suite à la mort du Colonel Kadhafi dans des conditions qui pourraient relever d’ une exécution extra-judiciaire jeudi 20 octobre 2011 et appelé à l’établissement d’une commission d’enquête indépendante, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) exprime aujourd’hui sa profonde inquiétude après que le président par intérim du Conseil National de Transition (CNT) libyen a rappelé que la charia constituerait la base de la législation du pays.

Lors de la cérémonie de proclamation de la "libération" de la Libye hier, le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, a répété dans son discours que la législation du pays serait fondée sur la loi islamique et a notamment cité en exemple la loi sur le divorce et le mariage qui, sous le régime de Mouammar Kadhafi, interdisait la polygamie. "Cette loi est contraire à la charia et elle n’est plus en vigueur", a-t-il dit.

« Il serait dramatique que le peuple libyen qui a payé sa libération au prix du sang, tombe dans un nouvel asservissement" a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

La FIDH appelle avec force les nouvelles autorités libyennes à garantir strictement les droits des femmes et en particulier l’égalité entre femmes et hommes, la liberté de conscience et de religion, les droits des minorités et les droits culturels.

« Ces propos vont à l’encontre des slogans de liberté, de dignité et de démocratie qui ont marqué cette révolution", a poursuivi Mme Belhassen. "Les nouveaux dirigeants de l’Etat libyen devront traduire en acte les aspirations du peuple et construire un Etat de droit, respectueux du droit international des droits de l’Homme »

La FIDH appelle également les nouvelles autorités libyennes à poursuivre les auteurs des crimes graves commis en Libye et à coopérer avec la Cour pénale internationale qui a ouvert une enquête et émis plusieurs mandats d’arrêts en juin dernier, afin de répondre au besoin de justice de la population libyenne, condition indispensable à une paix durable.

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