Le colonel Kadhafi force des migrants africains à s’enrôler

10/03/2011
Communiqué
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Paris, le jeudi 10 mars - La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et la Ligue libyenne des droits de l’homme (LLDH), membre affilié de la FIDH, s’insurgent contre la stratégie menée par le colonel Kadhafi depuis le 17 février 2011, date marquant le début des hostilités, qui consiste à enrôler des émigrés africains (estimés à près de 1,1 million) pour les forcer à combattre dans les rangs des troupes libyennes lui étant fidèles.

Des milliers d’émigrés auraient été forcés à s’enrôler dans l’armée et sont utilisés pour combattre en première ligne ou comme simple bouclier humain par les soldats libyens dans les combats urbains, comme cela s’est produit dans la ville de Zawiya le 6 mars 2011. Des témoins ont rapporté avoir vu marcher en première ligne un groupe d’individus africains pour protéger la progression des troupes libyennes fidèles au colonel Kadhafi, et la plupart des victimes étaient malheureusement dans leurs rangs.

« En Libye, la vie des émigrés africains est réellement menacée. Le Conseil de sécurité de l’ONU, qui a la responsabilité de protéger les populations civiles et de maintenir la paix et la sécurité à l’échelle internationale, doit faire pression sans délai sur le gouvernement libyen afin que ce dernier cesse immédiatement cette pratique, qui est non seulement immorale, mais viole aussi les droits fondamentaux que le droit international garantit à ces populations migrantes » a déclaré Sliman Bouchuiguir, secrétaire général de LLHR.

« Le Conseil de sécurité doit également s’assurer que tous ceux qui sont enrôlés de force soient immédiatement libérés, et qu’une indemnisation adéquate leur soit dûment versée pour l’ensemble des souffrances morales et physiques qu’ils ont subies. Nous demandons également le renforcement de la protection juridique et physique des populations migrantes qui ne souhaitent pas rester en Libye ainsi que leur rapatriement en bon ordre » a-t-il ajouté.

La présidente de la FIDH, Souhayr Belhassen, a également exprimé sa « profonde préoccupation devant la détérioration rapide de la situation humanitaire en Libye. Nous appelons le Conseil de sécurité à fournir une aide rapide et efficace aux hôpitaux sous le coup de graves pénuries de médicaments et de personnel médical dans tout l’est de la Libye ».

« Nos deux organisations réitèrent leur appel pour le décret d’une zone d’exclusion aérienne sur la Libye afin de garantir la protection de la population civile », a-t-elle ajouté.

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